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samedi 27 février 2010

Sauvons la biodiversité ; penser globalement, agir localement !


Par Éric Darier, Ph.D., Directeur de Greenpeace au Québec en sabbatique, 25 février 2010

Imaginez que le logement que vous avez acheté perde de sa valeur année après année. Imaginez que la moitié du toit soit déjà disparu et que les experts vous disent que la bâtisse s'effondrera totalement d'ici quelques années. Vous n'avez que deux options. Si vous ne faites rien, vous perdrez votre logement et votre capital. Si vous faites les réparations d'urgence, vous pourrez au moins prolonger votre séjour dans votre logement et vous donner le temps de faire les rénovations qui s'imposent.

Remplacez maintenant le mot « logement » par celui de « diversité biologique » ou, pour faire plus court, de « biodiversité », et vous avez à peu près la même situation.

Il y a cependant une différence importante. Vous pouvez toujours abandonner votre logement pour un autre. Malheureusement, dans le cas de la biodiversité, il n'y a pas de remplacement. Nous n'avons qu'une seule planète ! C'est pour cela qu'il est préférable de préserver ce qui en reste et c'est justement le mandat de la Convention sur la diversité biologique.


Convention sur la biodiversité


La biodiversité est la chaîne complexe de la vie sur la planète. Si des maillons de cette chaîne disparaissent, c'est toute la vie qui, à terme, risque de disparaître aussi. Les humains ont besoin de la biodiversité pour pouvoir manger, respirer, boire, se maintenir en santé, survivre, etc.

Pourtant, et contrairement à la lutte aux changements climatiques, il existe déjà une Convention sur la biodiversité, adoptée dès 1992 à Rio lors du Sommet de la Terre. Cette Convention internationale a été ratifiée par 168 pays. En 2002, lors du sommet de la Terre à Johannesburg, les pays se sont mis d'accord pour « ralentir d'ici 2010 la vitesse de perte de biodiversité à un niveau global, régional et national afin de contribuer à la réduction de la pauvreté et au bénéfice de toutes les formes de vie sur la Terre ».

La Convention a aussi permis l'adoption du Protocole de biosécurité qui met en place des mesures de précaution quant aux mouvements transfrontaliers des OGM.

Sombre bilan pour la biodiversitéÀ la lecture de la 2e édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique (PDF) publiée par le Secrétariat de la Convention sur la biodiversité, on ne peut que constater l'ampleur de l'échec. À part l'augmentation des surfaces des aires protégées, tous les autres indicateurs sont au rouge et à la baisse.En voici quelques-uns :- Déboisement : 6 millions d'hectares de forêts primaires perdues annuellement depuis 2000 (équivalent total à trois fois la surface du Québec!)- Écosystèmes côtiers et marins : le coral dur a régressé de 50 à 10 % en moyenne au cours des trois dernières décennies- Près de 35 % des mangroves ont disparu au cours des 2 dernières décennies- Les effectifs de 3000 espèces sauvages : -40 % en moyenne entre 1970 et 2000- Les effectifs des espèces d'eaux douces : -50 %- Espèces marines et terrestres : -30 %- Entre 12 % et 52 % des espèces sont menacées d'extinction.

Au rythme actuel de la destruction de la biodiversité (animaux, écosystèmes, forêts, etc.), les scientifiques prédisent la 6e extinction massive sur la terre. Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN),environ un quart des espèces vivantes de la planète pourrait disparaître d'ici 2050 sous la pression des activités humaines. Et pour empirer la situation, les changements climatiques pourraient accélérer ce processus! L'avenir de la vie sur cette planète n'est pas très rose. C'est ça la vraie crise!


Penser globalement, agir localement!


En octobre prochain, la communauté internationale aura rendez-vous à Nagoya au Japon pour la 10e conférence de la Convention sur la biodiversité. On ne peut qu'espérer que les quelque 170 pays qui se rencontreront auront plus de courage qu'à Copenhague. Le déclin de la biodiversité n'est pas un sujet scientifique controversé comme l'a été il y a encore récemment les changements climatiques. Sauver la biodiversité ou plus modestement, freiner le déclin de la biodiversité mondiale, va cependant nécessiter une forte volonté politique pour agir au niveau international. Après l'échec de Copenhague, il faut que les chefs des pays envoient un message d'espoir pour la continuation de la vie sur cette planète.

Même si la communauté internationale a un rôle essentiel pour la préservation de la biodiversité, on peut aussi agir localement chaque fois que la biodiversité proche de chez nous est menacée.

C'est pour cela que Greenpeace se bat ici, au Québec pour la préservation des dernières forêts boréales intactes, pour que les compagnies forestières adoptent des pratiques plus écologiques en optant pour la certification FSC, pour que les supermarchés comme Loblaws, Metro et IGA ne vendent plus de poissons menacés par la surpêche, pour que les dernières grandes rivières sauvages du monde comme La Romaine ne soient pas harnachées, pour que les OGM ne contaminent pas les écosystèmes, etc. Il n'y a pas que Greenpeace, mais aussi tous les gens et les autres organisations écologiques partout au Québec qui défendent becs et ongles, chaque jour, une forêt (ex. le boisé Fernand-Séguin ), un milieu humide (comme à Laval), une île (ex.île Perrot), des terres agricoles menacées par une autoroute (comme la 30), etc.

Bravo!


Vous aussi vous pouvez faire une différence maintenant en vous impliquant pour préserver la biodiversité où qu'elle soit!


Pour plus d'information sur l'état de la biodiversité mondiale, voir les présentations à la conférence de Trondheim de février 2010 (en anglais).

vendredi 19 février 2010

Une lettre ouverte d'écologistes et de militants à propos de l'environnement au Québec

Parue dans Le Soleil, ce 19 février 2010 ;


Le Québec et l'environnement après sept ans: remettons les pendules à l'heure!

Depuis Copenhague, l'ineptie mondialement reconnue du gouvernement Harper en matière d'environnement fait en sorte que le gouvernement Charest est perçu comme LE grand défenseur de l'environnement. Si Jean Charest a certes démontré que les provinces n'endossent pas la politique honteuse de Stephen Harper dans la lutte aux changements climatiques, il reste qu'après 7 ans à gouverner le Québec, son bilan environnemental, malgré certains bons coups, est beaucoup plus sombre qu'il ne le laisse entrevoir.
Voici un aperçu de la situation :

Dossier nucléaire: même si en 2003, Jean Charest avait promis qu'il ne nous engagerait plus dans le nucléaire, Hydro-Québec projette d'acquérir la centrale Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick. De plus, il veut construire un nouveau réacteur nucléaire sur le site de Gentilly-2 au coût officiel de 2 milliards $ (montant qui sera largement dépassé) sans aucun débat public. Nous alourdirons ainsi notre héritage dans cette source d'énergie aux déchets très polluants, dangereuse pour la santé et dont les coûts sont reconnus comme les plus élevés au monde.

Dossier des forêts: l'année 2010 a été décrétée l'année de la biodiversité par l'ONU. Or seulement 5,1% de notre forêt boréale commerciale est protégée. Malgré plusieurs améliorations présentées dans le projet de loi 57 sur l'aménagement durable des forêts, les efforts en matière de conservation des forêts intactes pour la biodiversité restent minces. 88% de nos forêts publiques productives seront réallouées à l'exploitation industrielle sans même qu'il n'y ait de marge de manoeuvre pour protéger ce qui reste de plus précieux, soit les dernières forêts n'ayant pas été encore exploitées, soit 10% de notre territoire forestier.

Dossier transport: alors qu'au Québec, entre 1998 et 2008, la population a crû de 6%, le nombre de voitures et camions légers a crû de 31%, soit 5 fois plus! La première source d'émissions de CO2 du Québec est le transport (40%) et elles ont augmenté de 36,7% entre 1990 et 2007. Pourtant, le ministère des Transports du Québec dépensera 15 milliards $ en infrastructures pour le transport individuel, contre 2 milliards $ en transport collectif, sans tenir compte des plans d'urbanisme municipaux. Trois exemples: le pont de l'autoroute 25, les reconstructions de l'autoroute Notre-Dame et de l'échangeur Turcot.

Dossier des mines: comme l'a démontré le Vérificateur général, non seulement nous avons payé plus de $600 millions entre 2002 et 2008 pour que des compagnies minières exploitent nos ressources (non-renouvelables), nous avons également hérité au fil des ans d'un lourd passif environnemental, présentement évalué à plus de 300 millions $ pour restaurer des centaines de sites abandonnés. Le Québec s'apprête à se lancer dans l'exploitation de plusieurs mégamines à ciel ouvert à «faible teneur - forts impacts», sans pourtant obliger leur restauration complète, ni restreindre leur consommation phénoménale d'eau, d'énergie et de produits chimiques. Autre enjeu crucial: le gouvernement refuse toujours d'imposer un moratoire sur les mines d'uranium, alors que le temps presse et que les impacts sur la santé et l'environnement l'exigeraient.

Les barrages contre l'efficacité énergétique: après l'Islande, c'est au Québec qu'il se consomme le plus d'électricité par habitant sur la planète. L'électricité la plus rentable est celle que nous économisons. Suite à la commission parlementaire sur l'énergie de 2005, l'Agence d'efficacité énergétique a de nouveau reçu des budgets dignes de ce nom. Or, le plan de l'agence couvrant la période de 2007 à 2010 se fait toujours attendre...

En pleine période de surplus énergétique, le gouvernement relance des projets de méga-centrales comme La Romaine et relance les projets tant décriés de petites centrales hydroélectriques dont il est déjà prévu que le coût marginal dépassera la valeur à l'exportation. Ainsi, nous allons détruire des écosystèmes de façon durable pour perdre collectivement de l'argent...après que les Américains aient statué que cette énergie n'est pas verte.

L'indépendance face au pétrole... et la dépendance au gaz naturel: le lobby du gaz naturel semble avoir pris le contrôle de ce gouvernement. Après le Suroît, la centrale de Bécancour (fermée après un an, alors que nous paierons à TCE Energy au moins $1,5 milliard sur 10 ans pour ne pas qu'elle produise d'électricité), les ports méthaniers Rabaska et Cacouna d'importation de gaz naturel ainsi que l'exploration et l'exploitation tous azimuts de gaz dans le golfe du St-Laurent et les schistes (très polluants et sans redevance pendant cinq ans), voilà maintenant que le gouvernement finance une tournée panquébécoise sur l'indépendance face au pétrole avec comme partenaire Gaz Métro, qui veut nous débarrasser du pétrole... pour le remplacer par du gaz naturel.

Dossier changements climatiques: malgré une énième augmentation annuelle des GES, Québec prétend encore qu'une réduction de 6% en 2012 par rapport à 1990 est à notre portée. Or, les objectifs de Kyoto ne sont pas de -6% pour 2012, mais bien pour une baisse de 6% en moyenne durant les cinq années incluses entre 2008 et 2012! Si les secteurs autres que le transport, comme le secteur industriel (32% des émissions), qui a réussi à baisser ses émissions de 6,2% depuis 1990, se maintiennent, le secteur des transports devra réduire les siennes de 24% ! Malgré l'application positive des normes californiennes, les objectifs de Kyoto ne seront de toute évidence pas atteints.

Autres dossiers problématiques: sept ans après l'avoir promis... le non-étiquetage des OGM et l'application de la politique nationale de l'eau; le tablettage de la révision du règlement sur la qualité de l'air; le Plan Nord; le BAPE rendu inoffensif; le développement anarchique de l'éolien; sans oublier l'amiante, qui, première cause de décès des travailleurs du Québec, mine notre crédibilité internationale; et, pour couronner le tout, le nouveau soutien aux entreprises qui veulent «profiter des occasions d'affaires dans les sables bitumineux».

Conclusion: se comparer au gouvernement canadien pour démontrer combien nous sommes verts équivaut à se comparer à l'idiot du village global pour illustrer notre génie. Notre bilan environnemental est bien moins reluisant que le gouvernement le prétend. C'est pourquoi, avec l'aide de ce commissaire à l'éthique qu'il nous promet depuis sept ans, ce gouvernement devra se distancer des lobbies miniers, forestiers, de génie-conseil, de la construction et de l'énergie pour se concentrer sur des actions réellement fidèles à l'esprit du vrai développement durable. À la veille du budget et en pleine négociation sur plusieurs des dossiers évoqués ici, ceci est essentiel pour l'avenir écologique et économique du Québec.

AUTEURS ;
Daniel Breton, Xavier Daxhelet, Vincent François, Denis L'Homme/ «Maîtres chez nous-21e siècle»,
Henri Jacob/Action Boréale Abitibi-Témiscamingue, Nicolas Mainville, Melissa Filion, Virginie Lambert-Ferry/Greenpeace, Paul Piché/Fondation Rivières, Ugo Lapointe, François Lapierre/ Coalition pour que le Québec aie meilleure mine, Sophie Thiébaut/co-fondatrice de Mobilisation Turcot, Michel Duguay, Philippe Giroul, Michel Fugère, Nicole Béland/ Mouvement Sortons le Québec du nucléaire, Yvan Croteau/ Réseau Québécois des Groupes Écologistes, Pierre Jasmin et Daniel-Jean Primeau/Artistes pour la paix, Pierre Lambert/ Mouvement Vert Mauricie, Jean-Guy Vaillancourt/sociologue, Pierre Gauthier/professeur d'urbanisme, Jean Décarie/urbaniste, Eric Notebaert/Professionnels de la Santé pour la Survie Mondiale, Jacques Levasseur/Coalition Stop au Méthanier, Pierre Véronneau/écologiste

mardi 9 février 2010

Labrador ; Création d’un nouveau parc national


Le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, a annoncé la création d'un immense parc national dans le Labrador, dont la superficie surpasse par deux fois celle de l'Ile-du-Prince-Edouard, le plus grand à voir le jour dans le Canada atlantique, en Ontario et au Québec. Ce territoire sera soustrait de toute exploitation industrielle, tout en permettant aux populations autochtones de vaquer à leurs activités de chasse et de pêche.

«Ce sont des monts extraordinairement beaux qui ont déjà été recouverts d'une épaisse couche de glace, et il s'agit d'un milieu naturel intact abritant d'incroyables espèces sauvages.», a déclaré M. Prentice.

S’étendant sur quelques 11 000 kilomètres carrés de forêt boréale, ce vaste territoire protégé est l’hôte de plusieurs espèces menacées, dont 2000 caribous des bois.

«Protéger une région aussi grande préservera des vastes étendues d'habitat, des habitats en rivière, des écosystèmes aquatiques, des habitats dans la toundra, de même que des parties de la forêt boréale», a fait valoir Alex MacDonald, de Nature Canada, organisme qui s’évertue depuis des années à convaincre les autorités de protéger les monts Mealy.

«Ces régions sont certainement importantes pour les caribous des bois et les carcajous, deux espèces à habitat étendu», ajoute M. MacDonald.

Une nouvelle qui a pourtant passé inaperçue, malgré son importance pour la protection de la biodiversité nordique…


M.

Pour tout savoir sur cette nouvelle ;

Source ;
Alison Auld, Création d’un nouveau parc national dans le Labrador, La Presse Canadienne, 5 février 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/201002/05/01-946947-creation-dun-nouveau-parc-national-dans-le-labrador.php

lundi 1 février 2010

Le Canada… un cancre climatique… et environnemental !

L’Université Yale a publié, récemment, son palmarès environnemental intitulé Environmental Performance Index (EPI). Le Canada autrefois classé huitième avec une note de 86,6 sur 100, a littéralement entamé une descente aux enfers, dégringolant au 46e cette année, tout juste derrière le Mexique, la Roumanie et la Hongrie.

Alors que le Canada peut se targuer d’avoir obtenu des notes parfaites ou presque en ce qui concerne des indicateurs sanitaires comme l'accès et la qualité de l'eau potable, la pollution de l'air dans les logements, il se voit complètement recalé en matière d’émissions de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote, de composés volatiles (autre que le méthane), d'ozone et de GES par habitant. La performance environnementale canadienne est également désastreuse en ce qui a trait à la conservation des écosystèmes marins et côtiers, en plus d’être fortement entachée par la production et la consommation massive de combustibles fossiles.

Les grands gagnants de ce palmarès ; l'Islande (note finale de 93,5 %), la Suisse (89,1 %), le Costa Rica (86,4 %) et la Suède (86,0 %).

Rappelons également que la piètre performance du Canada au niveau environnemental n’est pas surprenante. Pour plusieurs analystes, cette dégringolade était rapportée par plusieurs sondages et palmarès.

«Il y a d'autres classements environnementales récent où le Canada n'a pas fait bonne figure», rappelle Jean Mercier, professeur de science politique à l'Université Laval et spécialiste des politiques environnementales.

Visiblement, les politiques conservatrices font des ravages aux écosystèmes canadiens... Les conséquences ne sauront tarder.

Pour en connaître davantage sur le classement de l’université Yale: epi.yale.edu


M.

(Source ; Jean-François Cliche, Performance environnementale: le Canada plonge au 46e rang, Le Soleil, 27 janvier 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/environnement/201001/27/01-943628-performance-environnementale-le-canada-plonge-au-46e-rang.php)

mercredi 27 janvier 2010

Plan Nord ; une table des partenaires du Plan Nord pour le moins disproportionnée !


La Table des partenaires du Plan Nord, mise sur pied par le gouvernement Charest pour réfléchir aux enjeux de développement des territoires du nord québécois, souffre d’une étrange disparité au niveau de la représentation des organismes de conservation des espaces naturels et de la biodiversité. Elle se réunissait hier, malgré cette configuration discriminante.

En effet, alors que le gouvernement libéral s’était engagé, lors de sa dernière campagne électorale, à soustraire du développement industriel près de 50 % du nord de la province, les représentants des groupes écologistes, des organisations dont l’expertise est dédiée à la conservation des écosystèmes et au développement durable n’occupent que deux sièges à la Table des partenaires du Plan Nord.

«Sur 27 membres de cette Table, il n'y a que deux sièges associés à l'environnement et au développement durable. Et aucun des groupes représentés n'a de siège social au Québec!», dénonce Christian Simard, directeur de Nature Québec, organisme phare en matière de conservation et de protection des écosystèmes.

Autant dire que le gouvernement semble évacuer ses meilleurs outils d’analyse et d’encadrement du développement du nord, préférant, encore une fois, favoriser la préséance des discours du développement sur ceux de la conservation de la biodiversité.

Pour Nature Québec, l’heure est à la réelle concertation des acteurs, afin d’adapter le développement industriel aux nouvelles réalités environnementales ; changements climatiques, crise de la biodiversité, vulnérabilité accrue des écosystèmes nordiques, etc.

Nature Québec cite, à titre d’exemple, l’Ontario, où une table de concertation, regroupant des écologistes, des autochtones, des industriels et des scientifiques, a été instauré dans le but ultime de redéfinir le développement des territoires du nord ontarien avec la priorité de protéger les derniers bastions d’espaces vierges et la biodiversité nordique.

Or, le modèle québécois semble encore privilégier le développement effréné au détriment de la préservation des écosystèmes, dont nous sommes pourtant tous dépendants, et cela, en contradiction avec les prémisses du développement durable.

Et comme l’explique Christian Simard, «on se garroche plutôt dans le Nord avec nos vieux modèles du Sud». Un peu de vision, M. Charest ?

Avec cette approche, que restera-t-il du Nord ?

À lire ;

Nature Québec (Communiqué de Presse) ; La table du Plan Nord se réunit aujourd’hui ; Nature Québec déplore la sous représentation de la conservation ; http://www.naturequebec.org/ressources/fichiers/Aires_protegees/CO10-01-26_PlanNord.pdf

Louis-Gilles Francoeur ; Développement du Nord ; l’Ontario citée en exemple, Le Devoir, 27 janvier 2010 ; http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/281885/developpement-du-nord-l-ontario-citee-en-exemple

M.

mardi 26 janvier 2010

Une lettre ouverte de Greenpeace portant sur la Loi sur les forêts

Loi sur les forêts: sauvons les meubles!

(À la ministre Nathalie Normandeau) - C'est dans les prochaines semaines que sera adoptée la nouvelle Loi sur l'aménagement durable des forêts, qui remplacera le régime forestier instauré en 1986 par la défunte Loi des forêts. Vingt-cinq ans de régime qui auront initialement permis la colonisation de nos régions forestières et la création d'emplois et de richesses, mais qui auront par le fait même, coûté très cher, tant à nos écosystèmes forestiers maintenant essoufflés, qu'aux communautés actuellement sur le qui-vive quant à leur avenir. En 25 ans, le gouvernement du Québec a cautionné l'exploitation de près de 10 millions d'hectares de ses forêts publiques (1986-1990: 2 millions ha, 1990-2000: 4,6millions ha, 2000-2009: environ 3 millions ha), soit plus de 3 fois la superficie de la Belgique.

La nouvelle loi présente définitivement certaines avancées, dont la mise en place d'un aménagement écosystémique et de la gestion intégrée des ressources. Or, les défis demeurent colossaux: diversification des produits forestiers, modernisation des usines, renouvellement de la main-d'oeuvre, augmentation de la compétitivité au niveau mondial, etc.

Le principal défi auquel le gouvernement de Jean Charest devra répondre est toutefois la protection des derniers massifs forestiers n'ayant jamais été exploités par l'industrie forestière. Moins de 10% de notre forêt publique commerciale est encore intacte et seulement 5% de la portion boréale est protégée à l'heure actuelle. Il est essentiel que la nouvelle loi fasse place à une stratégie de sauvegarde de nos dernières forêts intactes. Or, alors que la ministre se disait publiquement en faveur de la sauvegarde de ces forêts il y a encore quelques semaines, Nathalie Normandeau se défile au moment de l'adoption de la loi et refuse toutes propositions d'amendements formulées en ce sens par les partis d'opposition. Elle sait cependant très bien qu'une fois les volumes de bois octroyés aux exploitants, la création d'aires protégées devient virtuellement impossible.

En ce début d'Année internationale de la biodiversité, marquée par les négociations sur le climat, la communauté scientifique appelle à un changement de paradigme, les marchés se conscientisent, les consommateurs aiguisent leurs critères et les politiques publiques doivent suivre ce même cheminement inévitable. Le ministère des Ressources naturelles manquera-t-il le bateau?

Madame la ministre, épargnez-nous une autre décennie de controverse et de dérape environnemental, adoptez un régime forestier à la hauteur de la richesse de notre patrimoine naturel et collectif. Sauvez les meubles pendant qu'il est encore temps!

Melissa Filion, directrice générale intérimaire, responsable de la campagne forêt boréale, Greenpeace Québec

Nicolas Mainville, responsable de la campagne forêt boréale, Greenpeace Québec

Autres articles intéressants à propos de la gestion des forêts et de la biodiversité des écosystèmes forestiers;


M.

(Source ; Nicolas Mainville et Melissa Filion, Loi sur les forêts ; sauvons les meubles, Le Soleil, 25 janvier 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201001/22/01-942039-loi-sur-les-forets-sauvons-les-meubles.php)

dimanche 24 janvier 2010

Diminuer sa consommation de viande pour sauver le climat et la biodiversité !


Et si la sauvegarde de la biodiversité mondiale et du climat devait se traduire inéluctablement par une modification drastique de notre mode de vie, de nos valeurs ? C’est du moins la thèse, partagée par plusieurs sociologues, écologistes, économistes et autres experts, de Rajendra Pachauri, président du Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC).

La société moderne fait fausse route en axant toute sa richesse et sa réussite sur les biens matériels, sur le capitaliste parfois sauvage. Elle s’entête constamment à encourager ses membres à consommer davantage, pour rayonner bêtement au sein d’une collectivité matérialiste, abrutissante, aliénante. Cette obsession de la consommation abusive, de la surproduction dévastatrice et de la croissance à tout prix est délétère, extrêmement dangereuse. La restructuration de la société moderne est impérative. Et, selon M. Pachauri, les changements climatiques actuels seront un élément déclencheur à cette prise de conscience planétaire.

Le président du GIEC entrevoit déjà le premier effort collectif à entreprendre pour endiguer l’hémorragie climatique et biologique de notre planète ; réduire sa consommation de viande.

Le cycle de production de la viande est intensif et hautement énergivore. Des quantités pharaoniques d’eau, de médicaments et d’aliments, notamment les céréales dont la production, autrefois destinée à l’alimentation humaine, est désormais détournée en majeure partie pour nourrir les bestiaux, sont nécessaires à l’élevage intensif d’animaux. Cette industrie génère annuellement des tonnes de GES dans l’atmosphère ; dioxyde de carbone, méthane (25 fois plus dommageable que le CO2 en terme de changements climatiques) et hémioxyde d’azote (potentiel de réchauffement climatique 296 fois supérieur au dioxyde de carbone).

Ainsi, en réduisant notre consommation de viande, et nos habitudes alimentaires en général, nous diminuons directement notre empreinte écologique. En ces temps de crise de la biodiversité et du climat, cette transformation est souhaitable. Néanmoins, M. Pachauri réitère la nécessité d’éduquer les gens à ces réalités, afin que tous puissent saisir les impacts de leur consommation sur les peuples de la terre et les écosystèmes dont nous dépendons tous. Seule l’éducation populaire pourra engendrer un changement profond des mentalités.

Et, j’ajouterai simplement ; Le mauvais traitement infligé aux animaux de fermes industrielles, le dopage antibiotique et hormonal administré au bétail, les émissions de GES, la contamination de nappes phréatiques, l’épuisement des ressources, la crise alimentaire mondiale, la déforestation massive et les changements climatiques seront-ils influencer votre consommation de viande ?

M.
(Source ; Rajendra Pachauri (propos recueillis par Elena Sender), «Nous devons changer notre système de valeurs», Magazine Sciences et Avenir, Hors-série, Numéro 161, Janvier et Février 2010)

dimanche 17 janvier 2010

Copenhague : un échec cuisant pour la déforestation mondiale…


Finalement, la conclusion bidon des pourparlers climatiques à la conférence de Copenhague aura occulté un autre échec majeur ; l’incapacité de provoquer l’émergence d’un accord contraignant pour endiguer la déforestation planétaire.

En plus des inestimables services écologiques des écosystèmes forestiers (purification de l’air, de l’eau, production de nutriments, etc.) et de leur incroyable biodiversité, les forêts participent au cycle complexe du carbone. Ainsi, la déforestation concoure à la remise en circulation et à l’émission de près de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

Or, la déforestation est également une activité vitale pour la survie de centaines de milliers de personnes, brûlant les arbres pour la production de charbon, l’agriculture ou l’élevage de bestiaux, souvent destinés à la consommation nord-américaine. Ce phénomène est particulièrement criant au Brésil, où la forêt tropicale perd toujours plus de terrain face à l’élevage intensif de bovins et à la production de biocarburants à partir de la canne à sucre.

Pour les milliers d’urbains de la planète, la déforestation est une réalité lointaine, mésestimée. Les conséquences de cette pratique sur le climat, la biodiversité et la qualité de vie des paysans touchés sont davantage méconnues. Pourtant, on estime que l’abattage des arbres et l’amenuisement des écosystèmes forestiers mondiaux libèrent autant de GES que les secteurs aérien, ferroviaire, routier et maritime réunis. Devant l’ampleur de la catastrophe, les pays du monde se sont rencontrés à Bali en 2007, afin d’entériner le programme Réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation (REDD). Le but ultime de cette entreprise ; réduire de 50 % la déforestation ravageant les pays pauvres d’ici 2020, jusqu’à l’enrayer complètement en 2030 ! Utopique ? Probablement.

Selon l’ONU, même en appliquant REDD, «nous pouvons nous attendre à ce que la conversion de la forêt en terres agricoles se poursuive. Mais cela doit se faire de façon mesurée, stratégique et durable».

Mais, pour que les résultats soient probants, des investissements majeurs sont inévitables, fondamentaux. Car la tâche n’est pas simple ; convaincre les pays pauvres de se détourner d’une ressource lucrative afin de préserver le climat et la biodiversité. Il faut également compenser ces pertes économiques… La solution ; des crédits de carbone ? Est-ce que cela sera suffisant ?

Et, plusieurs autres zones d’ombre persisteront, face à l’échec des discussions à Copenhague. Comment éviter le détournement du financement et des crédits de carbone par la corruption ? Comment encadrer adéquatement le prélèvement d’arbres lorsque nécessaire ? Comment contrôler les braconniers ?

« La destruction des forêts va se poursuivre, les droits des peuples dépendant des forêts ne seront pas protégés et les espèces en danger vont continuer sur le chemin de l'extinction », déplore un participant aux discussions du REDD à Copenhague. Et tout ça, couplé aux impacts imprévisibles des changements climatiques, dans des contextes sociaux de plus en plus fragilisés par l’instabilité environnementale.

Curieusement, les fonds ne manquent jamais pour les guerres, la conquête, la dispute des ressources gazières et pétrolières, l’exploitation des ressources minières ou forestières. Mais lorsqu’il est question de conservation et de préservation de la biodiversité, il en est toujours autrement. Et, quand est-il du droit inaliénable, pour tout être humain, de jouir d’un environnement sain et d’un accès illimité aux ressources essentielles à la vie (eau potable, air non-pollué, sols non contaminés, etc) ? Rien.


À lire également ;

Marlowe Hood, Protéger la nature est rentable financièrement, Agence France-Presse, 13 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/13/01-921349-proteger-la-nature-est-rentable-financierement.php

Agence France-Presse, Les grands pays forestiers s'unissent contre la déforestation, La Presse, 22 décembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200912/22/01-933369-les-grands-pays-forestiers-sunissent-contre-la-deforestation.php

Agence France-Presse, La crise du climat cache celle de la biodiversité, Le Devoir, 28 décembre 2009 ; http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/280137/la-crise-du-climat-cache-celle-de-la-biodiversite

Yana Marull, L’Amazonie exploitée de façon durable, Agence France-Presse, 2 décembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/200912/02/01-927087-lamazonie-exploitee-de-facon-durable.php

Tim Hirsch, L’incroyable recul de la forêt tropicale amazonienne ; mais le rythme des pertes s’accélère-t-il ou décline t-il ?, L’État de la planète et le Worldwatch Institute; http://www.delaplanete.org/L-incroyable-recul-de-la-foret.html


M.
(Source ; Éric Moreault, L’arbre qui cache la forêt dévastée, Le Soleil, 11 janvier 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/environnement/201001/10/01-937800-larbre-qui-cache-la-foret-devastee.php)

samedi 9 janvier 2010

La biomasse forestière ou l’art de brûler le potentiel de régénération des forêts du Québec !

La nouvelle et désastreuse filière énergétique de la biomasse forestière tombe à point nommé pour l’industrie du bois au Québec. En effet, le gouvernement provincial donne désormais son aval à la collecte industrielle des arbres commerciaux non récoltés, des arbres et arbustes sans valeur commerciale, des arbres en zone de feu ou en zones propices aux épidémies d’insectes ravageurs, ainsi qu’à près de 70 % des résidus abandonnés sur les des parterres de coupe.

Cette biomasse, pourtant cruciale à la régénération des forêts, est ainsi octroyée aux forestières dans le but de produire 125MW d’électricité, énergie ensuite revendue à Hydro-Québec Distribution. Ventée comme une énergie alternative et verte, cette nouvelle filiale énergétique menace cependant la productivité et la biodiversité des forêts touchées par cette collecte de tiges ligneuses, autrefois sans attrait pour l’industrie. C’est que la biomasse forestière agit comme un amendement, un véritable engrais, pour les sols forestiers, passablement fragilisés par la machinerie lourde et le lessivage des minéraux par les pluies. De plus, les tiges laissées au sol assurent abris et nourriture à la faune, pour qui l’habitat est d’ores et déjà grandement dégradé.

Ainsi, les débouchés de la biomasse forestière sont loin d’être verts. Qualifiée de «carboneutre» par ses partisans, l’énergie issue de la combustion de la biomasse forestière concourt plutôt aux changements climatiques. En effet, la collecte, la transformation et la distribution de cette énergie se font non sans libérer une quantité importante de GES dans l’atmosphère. Et, quant aux affirmations selon lesquelles le carbone libéré par la combustion des tiges sera capté à nouveau par la forêt en croissance suite aux coupes, il faut ajouter une précision ; selon les prévisions scientifiques, il faut près d’un siècle pour que le carbone émis ne soit à nouveau stocké dans la biomasse en croissance. La biomasse forestière, telle que développée actuellement, est donc loin d’être «carboneutre» !

Qui plus est, l’encadrement de cette nouvelle filière énergétique est plutôt leste, voire même carrément inadéquat. À preuve, aucune étude d’impacts environnementaux, ni consultation publique sur la question, n’a été commandée par les autorités gouvernementales. Pour certains, il s’agit donc d’un réel dérapage environnemental. Faut-il également ajouter que la biomasse, étant de faible densité énergétique (autrement dit, peu efficace), nécessitera des quantités astronomiques de matières premières, prélevées à même nos forêts, déjà essoufflées, malmenées et vulnérables. Une preuve ? Pour produire ces 125 MW d’énergie issue de la biomasse forestière, près de 1,1 million de tonnes métriques (ou sèche) de matières ligneuses sera brûlée annuellement ! Ces chiffres proviennent d’ailleurs de sources gouvernementales ! Et c’est sans compter la participation de cette filière énergétique, soit disant écoénergétique, aux dérèglements climatiques !

La tangente que prend le gouvernement québécois dans ce dossier est inquiétante. Alors, que le monde se tourne résolument vers de réelles technologies énergétiques vertes, comme l’éolien, le solaire ou la géothermie, le Québec se fige dans une gestion désuète de ces matières premières, hypothéquant gravement ce qui nous reste de nos forêts. Laissons la forêt se régénérer, la faune se remettre de toutes ces années d’exploitation effrénée et irresponsable, les sols se reconstituer après tant de perturbations et travaillons de concert avec la nature, plutôt que de spolier davantage ses chances de survie. Appelons le gouvernement québécois à protéger la biodiversité et le climat !

Pour obtenir davantage d’informations sur la situation de la biomasse forestière au Québec : http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/foret-boreale/dangers/biomasse

Consultez également le site de la Coalition Bois ; http://www.coalitionbois.org

Pour connaître les dangers qui pèsent sur la forêt Boréale canadienne ; http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/foret-boreale/dangers


M.
(Source : Nicolas Mainville, Brûler nos forêts pour faire de l’énergie ?, Réseau vert, Volume 17, numéro 13, Hiver 2009-2010, p.8)

jeudi 7 janvier 2010

Une exploitation durable des ressources forestières amazoniennes ??!!


Jungle de Tapajos.

Une coopérative de bûcherons s’active à exploiter de manière durable les ressources du plus important écosystème forestier tropical du globe, tout en luttant activement contre les dérèglements climatiques.

Des pratiques forestières sévères sont appliquées par la coopérative, de manière à préserver la nature ; les arbres à abattre sont choisis à même une liste dressée par les autorités gouvernementales, les dégâts occasionnés par l’abattage sont minimisés, l’essence, la provenance et le numéro de série des arbres coupés sont pris en note, en plus de la plaque d'immatriculation du camion et du nom du conducteur qui acheminera le bois en ville, le tout dans un but de transparence. Ainsi, les acheteurs sont assurés que le processus d’exploitation est légal.

En outre, la coopérative exploite une zone de 1000 hectares par année, après quoi chaque zone demeure intouchée pendant 30 ans, afin d’encourager la régénération forestière.

«Notre principal défi est de travailler de façon durable pour que nos enfants acquièrent cette vision», explique le président de la coopérative, Sergio Pimentel.

«Ce type d'exploitation n'a pas d'impact sur le climat et protège la forêt parce que la coupe des arbres est limitée et sélective. La présence de travailleurs de la région garantit que personne n'y mettra le feu», affirme Lia Melo, spécialiste de l'Université du Para.

«Pour lutter contre la déforestation, il faut montrer aux habitants que la forêt a une valeur. Nous n'y arriverons que lorsque nous trouverons un moyen pour que ses habitants gagnent plus en l'exploitant qu'en la détruisant», a déclaré un responsable local de l'environnement, Gustavo Podesta.

Dans un contexte mondial de lutte aux changements climatiques et de déclin de la biodiversité, cette initiative a de quoi retenir l’attention au Brésil. En effet, ce pays d’Amérique du Sud s’est engagé volontairement à endiguer ses émissions de GES en réduisant notamment la déforestation amazonienne de 80 % !

Le Québec pourrait-il prendre exemple de cette intention de lutter contre l'émission de GES en protégeant réellement et strictement ses dernières grandes forêts intactes ?



Pour obtenir davantage de détails sur cette initiative de développement durable ;

Yana Marull, L’Amazonie exploitée de façon durable, Agence France-Presse, 2 décembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/200912/02/01-927087-lamazonie-exploitee-de-facon-durable.php

Lire également ;

Nicolas Mainville, Greenpeace scandalisée : La loi 57 permettra la dilapidation des dernières forêts intactes, 19 novembre 2009 ; http://www.greenpeace.org/canada/fr/presse/communiques/loi-57-dilapidation-foret

Agence France-Presse, Les grands pays forestiers s'unissent contre la déforestation, La Presse, 22 décembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200912/22/01-933369-les-grands-pays-forestiers-sunissent-contre-la-deforestation.php


Wangari Maathai, The green belt movement; http://www.greenbeltmovement.org/

M.

mercredi 6 janvier 2010

2010 ; «Année internationale de la biodiversité»


L’intérêt médiatique et la mobilisation planétaire entourant la crise climatique pourrait bien occulter une situation davantage critique ; la crise de la biodiversité, traduite par l’extinction massive d’espèces animales et végétales. La situation est telle que l’ONU a déclaré l’année 2010 «Année internationale de la biodiversité». C’est que la biodiversité s’essouffle à un rythme effréné. Ainsi, les scientifiques estiment que la «sixième extinction massive» des espèces est enclenchée, alors que la dernière connue avait fait disparaître les dinosaures (65 millions d’années).

En 2002, au Sommet de la Terre à Johannesburg, les dirigeants des pays présents avaient alors reconnu la gravité de l’érosion de la diversité biologique et s’étaient engagés à «ralentir significativement» d’ici 2010 ce déclin des espèces terrestres. Or, pour les écosystèmes fragilisés par la pression anthropique, les discours politiques ne se sont jamais concrétisés, ou si peu. Selon l’Union international pour la conservation (UICN), organisme de référence en matière de biodiversité, les objectifs sont donc loin d’être rencontrés.

«L'homme n'a pas encore compris sa dépendance à l'égard de la biodiversité», estime Mme Jouanno.

Pourtant, la diversité des espèces et la santé des écosystèmes fournissent des services écologiques intrinsèquement liés à la qualité de vie des êtres humains ; purification des sols et des eaux, terres riches et cultivables, dispersion des graines, pollinisation, etc.

Néanmoins, malgré l’importance critique de la biodiversité pour l’avenir de l’humanité, cette problématique ne bénéficie pas d’une tribune aussi médiatisée que celle des changements climatiques. Pour remédier à la situation, et susciter l’intérêt de la communauté planétaire, la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (l'IPBES) devrait être effective en 2010, selon Mme Jouanno.

Des équipes de scientifiques, provenant du Muséum national d'histoire naturelle, de l'ONG Pro-Natura international et de l'UICN devraient également parcourir le globe afin de répertorier les principaux sites en déclin, en regard de la biodiversité.

«Beaucoup d'espèces dans le monde risquent de disparaître avant même d'avoir pu être découvertes», estime Bertrand-Pierre Galey, directeur général du Muséum.

Pour en apprendre davantage ;

Agence France-Presse, La crise du climat cache celle de la biodiversité, Le Devoir, 28 décembre 2009 ; http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/280137/la-crise-du-climat-cache-celle-de-la-biodiversite

Lire également ;
Gaïa Presse, La protection de la biodiversité au calendrier des bonnes résolutions de 2010 ;
http://www.biodiversite2010.fr/

http://www.biodiversite2012.org/V2/

Agence France-Presse, Les grands pays forestiers s'unissent contre la déforestation, La Presse, 22 décembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200912/22/01-933369-les-grands-pays-forestiers-sunissent-contre-la-deforestation.php

Agence France-Presse, La moitié des poissons d'eau douce en voie d'extinction, Cyberpresse, 3 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/03/01-917914-la-moitie-des-poissons-deau-douce-en-voie-dextinction.php


M.

mardi 1 décembre 2009

Manifestation à Québec ; Greenpeace réclame la protection immédiate des dernières forêts vierges du Québec !

Greenpeace et plusieurs centaines de manifestants doivent se réunir, aujourd'hui même, devant le Centre Culture et Environnement Frédérick Back, à Québec, pour réclamer la conservation immédiate des dernières grandes forêts vierges, autrement accordées à l'industrie forestière.

Ainsi, lors du dépôt de la loi 57 sur l'occupation du territoire, aucun n'outil législatif n'a été considéré pour encourager la protection de ces derniers bastions de forêt intacte, véritable vestige d'une biodiversité encore intouchée. Ainsi, seul 5 % des forêts commerciales font l'objet de mesures de protection... La refonte du régime forestier était pourtant un moment propice à l'inclusion de la sauvegarde de ces écosystèmes à haute valeur écologique dans une stratégie de développement durable de la foresterie.

Enfin, souhaitons que ce dérapage sera vite rattrapé par Nathalie Normandeau, ministre des ressources naturelles et de la faune (MRNF) !

Manifestez-vous pour encourager la conservation de notre nature sauvage, notre patrimoine naturel
! Écrivez à Mme Nathalie Normandeau ; ministre@mrnf.gouv.qc.ca

Pour en apprendre davantage sur la question :


M.

lundi 30 novembre 2009

Conservation de la nature ; des retombées financières et collectives !

L’économiste indien Pavan Sukhdev démontre, dans une étude approuvée par le programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et rendue publique le 13 novembre 2009, que la protection de la nature est rentable financièrement à long terme, engendrant des bénéfices cent fois supérieurs à l’investissement !

«Reconnaître et donner un prix aux services rendus par la nature à la société doit devenir une priorité pour les responsables politiques», affirme Pavan Sukhdev, principal signataire de L'économie des systèmes écologiques et de la biodiversité. Il estime d’ailleurs que l’investissement de quelques 45 milliards de dollars dans des aires marines et terrestres de conservation à travers le globe engendrait des retombées économiques colossales ; 4 à 5000 milliards de dollars par an après quelques dizaines d'années !!

Des projets de renom !

Pour illustrer ses propos, l’économiste indien fait référence à quelques projets de conservation ayant fait leurs preuves. Par exemple, la plantation de 12000 hectares de mangroves au Vietnam, au coût d’un million de dollars, suffira à anéantir les frais d’entretien des digues, évalués à 7 millions de dollars par année.

Pavan Sukhdev rappelle également le lien intrinsèque unissant la dégradation des écosystèmes et les changements climatiques. Dans la mire de Copenhague devrait donc figurer la création d’aires protégées, principalement dans les forêts tropicales, où la déforestation atteint des seuils critiques.

«La déforestation représente 20% des émissions de gaz à effet de serre […] Mais les forêts constituent aussi le plus important dispositif d'atténuation du changement climatique car elles capturent 15% des émissions totales de dioxyde de carbone», précise l’économiste.

Des écosystèmes meurtris…

Pourtant, bien que la conservation des ressources naturelles semble être la voie à suivre pour endiguer l’hémorragie des grands biomes mondiaux et favoriser le maintien de la biodiversité essentielle à l’humanité, plusieurs écosystèmes ne pourront bénéficier de cette protection. En effet, certains sont déjà passablement dégradés ; les récifs coralliens tropicaux perdent peu à peu leur vivacité face à la hausse de la température des mers. Or, près de 500 millions d’êtres humains dépendent de cette ressource marine.

«Les solutions au changement climatique se trouvent dans les ressources naturelles. On peut utiliser la restauration des écosystèmes pour l'adaptation (au changement) et on doit utiliser les écosystèmes - les forêts, les océans - comme outil principal d'une réduction des émissions de GES, » croît l'économiste.

L’étude L'économie des systèmes écologiques et de la biodiversité rédigée majoritairement par Pavan Sukhdev a débutée 2007 et doit être complétée en octobre 2010.

Elle appuie ainsi les recommandations de plusieurs scientifiques, à l'effet que la protection de la nature sauvage doit impérativement compter parmi les préoccupations prioritaires des prochaines décennies.


Découvrez le Mouvement de la Ceinture verte, initié par la première africaine Nobel de la paix, Wangari Maathai ;

«The mission of the Green Belt Movement (GBM) is to mobilize community consciousness for self-determination, equity, improved livelihoods and security, and environmental conservation.»


M.

(Source : Marlowe Hood, Agence France-Presse, Protéger la nature est rentable financièrement, 13 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/13/01-921349-proteger-la-nature-est-rentable-financierement.php)

dimanche 29 novembre 2009

La planète croule sous le poids de l’empreinte écologique de l’humanité !

L’empreinte écologique de l’homme s’accroît constamment, à un rythme effréné, surpassant largement le temps de récupération de la planète. Les activités humaines, industrielles ou autres, menacent inexorablement la régénération des écosystèmes et des ressources naturelles qui les constituent. En effet, une étude publiée mardi dernier et réalisée par un groupe d’experts privés américains, conclue que la planète prend 18 moins à recouvrer les ressources que l’humanité dilapide en un an.

Les données du groupe environnemental californien Global Footprint Network, répertoriées dans plus d’une centaine de pays aux confins du monde entier, elles tendent à démontrer que l’humanité consomme et émet du dioxyde de carbone (principal GES) à une vitesse 44 % plus élevée que la capacité de production et de stockage de la biosphère. À ce rythme, la planète s’essouffle dangereusement.

«Les menaces imminentes auxquelles nous faisons face aujourd'hui, notablement le changement climatique mais aussi la déforestation, la diminution des pêcheries, la sur-utilisation de l'eau douce, sont des symptômes d'une tendance alarmante», estiment les chercheurs du rapport américain.

Ainsi, les données récoltées et compilées par Global Footprint Network, calculant tous les ans depuis 2003 l’empreinte écologique (quantification des ressources nécessaires exigées pour survivre et éliminer les déchets produits par une population durant une période donnée) d’une centaine de pays du globe et de l’ensemble de la population mondiale, dévoilent que l’empreinte écologique de l’homme a crû de 2 % entre 2005 et 2006.

Et depuis 10 ans, selon l’organisme Global Footprint Network, il apparaît que la consommation des ressources par l’homme a augmenté de 22 %, engendrant un épuisement patent des écosystèmes mondiaux, car la productivité de ces derniers est restée stable durant la même période. Tendant plutôt à diminuer…

L’homme saura-t-il un jour tendre la main à cette terre nourricière ?

M.

(Source : Agence France-Presse, La Terre supporte de moins en moins les hommes, Cyberpresse.ca, 24 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/24/01-924655-la-terre-supporte-de-moins-en-moins-les-hommes.php)

lundi 23 novembre 2009

Loi sur l’aménagement forestier ; des amendements favorisant enfin l’aménagement écosystémique en forêt…mais oubliant les dernières forêts intactes !!

Jeudi dernier, la ministre des ressources naturelles, Nathalie Normandeau, annonçait des amendements majeurs à la Loi sur l’aménagement durable des territoires forestiers. Désormais, l’aménagement écosystémique sera au cœur des processus d’exploitation forestière, approche réclamée depuis des lustres par les écologistes, les militants (Richard Desjardins, entre autre) et le rapport Coulombe (2004).

La gestion écosystémique des ressources forestières permet de conserver le caractère naturel des écosystèmes, en imitant les patrons issus de perturbations naturelles qui ont cours dans la forêt ; attaque de ravageurs, feux de forêts, etc. Les interventions réalisées visent donc à reproduire la variabilité des forêts naturelles, en plus d’assurer la régénération et la viabilité de la biodiversité.

«Avant, on parlait d’approche écosystémique du bout des lèvres. Aujourd’hui la ministre amène ce concept au coeur du régime forestier, il ne peut plus être contesté. Elle a même mis la définition dans la loi. C’est clair et contraignant. Elle a désormais l’obligation légale d’utiliser cette approche. On peut difficilement demander plus à ce niveau-là […] le Québec ouvre la voie à une nouvelle foresterie respectueuse des limites des écosystèmes et favorisant une diversification de l'économie forestière», affirme Louis Bélanger, porte-parole de la commission Forêts de nature chez Nature-Québec. Reste maintenant à passer de la parole aux actes, concrets et conséquents !

Les sentiments sont toutefois mitigés du côté de Greenpeace, pour qui les dernières forêts intactes ont été carrément oubliées, suite à l’octroi des nouveaux contrats d’aménagement forestier. Aucun outil législatif n’est prévu dans la Loi sur l’aménagement durable des territoires forestiers pour protéger ces derniers écosystèmes forestiers intacts. Et pourtant, il ne reste que 10 % de forêts intacts commerciales sur le territoire québécois !

«La Loi 57 permettra la dilapidation des dernières forêts intactes», déplore Mélissa Fillion, responsable de la campagne Forêt boréale chez Greenpeace. Elle ajoute également que l’attitude du Ministères du développement durable (MDDEP) et celui des ressources naturelles (MRNF) est inacceptable. En effet, ces derniers ont la fâcheuse tendance à se renvoyer la balle quand il est question de conservation des espaces sauvages et de création d’aires protégées. «On nous a expliqué au ministère qu’il y avait une ouverture pour la protection des forêts intactes, mais que cela entrait dans la juridiction du ministère de l’Environnement et que les deux ministères n’avaient pas trouvé de terrain d’entente. C’est outrant de voir que c’est la machine gouvernementale qui ne suit pas.» Ridicule, n’est-ce pas ?

Enfin, du côté de l’industrie forestière, les mines sont basses. Les industriels sont mécontents de la tournure des évènements, puisque selon eux le ministère et les fonctionnaires contrôleront désormais les opérations, tandis que le pouvoir décisionnel de l’industrie sera grandement réduit. De toute façon, on voit le résultat lorsque l’industrie forestière détient le veto …

L’industrie forestière, aux prises avec une grave crise, devra enfin endosser les impacts de ses pratiques autrefois irresponsables. Désormais, les forêts seront protégées, du moins en théorie, des assauts incontrôlables de l’exploitation industrielle. Il s’agit maintenant de conserver et d’assurer le maintien des ressources naturelles, plutôt que de favoriser le profit à tout prix. Et, de toute façon, l’aménagement écosystémique procure de la matière première à l’industrie, tout en endiguant sa propension à vouloir tout raser. Finalement, elle protège l’industrie de sa propre mégalomanie. Faut-il également souligner que l’approche écosystémique est chose courante en Europe, recherchée par les citoyens, encouragée par les groupes écologistes et majoritairement acceptée par l’industrie… Le marché est également prêt à ce virage vert, grâce à la prestigieuse certification FSC. Le Québec est à l'heure d'un profond changement de mentalité...

Pour en apprendre davantage :

Une initiative québécoise de gestion durable des forêts... rentable, en plus ! :

M.
(Sources :

mercredi 18 novembre 2009

Le congrès Wild9 ; l’urgence d’agir !

Les derniers écosystèmes intacts sont menacés par le développement industriel. Les cours d’eau sont contaminés par les métaux lourds et les rejets toxiques. Les glaciers terrestres se raréfient. Les forêts croulent sous le bitume. L’urbanisation est galopante. La faune s’essouffle. Les végétaux se meurent. Désormais, la planète est aux prises avec une crise majeure de la biodiversité, doublée d’un climat qui s’emballe gravement. Il faut absolument agir, vite et efficacement, pour endiguer l’hémorragie qui sévit au cœur de nos grands biomes mondiaux.

C’est sur ce sentiment d’alarme que le congrès WILD9 s’est clôturé, ce vendredi 13 novembre 2009 ; la conservation des milieux sauvages intacts est impérative, afin de lutter adéquatement contre les changements climatiques et d’assurer la pérennité de la biodiversité sur le globe. L’urgence d’agir était d’autant plus présente, puisque soulignée par des photographies choc, illustrant les ravages de l’industrialisation sur la nature sauvage. Ainsi, des photographes canadiens ont pu témoigner, par la lunette de leurs lentilles, du massacre qui a cours sur notre territoire canadien ; mines, sables bitumineux, pétrole, charbon... Les RAVES, ou Rapid Assessment Visual Expedition sont une forme d’art pictural engagé, axé sur la nature et ses balafres.

« Notre travail est de montrer la destruction des milieux sauvages en image, pour faire réagir et pour que ça change », a expliqué le photographe canadien Garth Lentz, un des protagonistes au RAVE sur les montagnes de Flathead (Colombie-Britannique).

Les intervenants au WILD9 ont d’ailleurs réitéré l’importance de la conservation des ressources naturelles, en soulignant que les aires protégées peuvent également être des sources de bénéfices nombreux, pas seulement des gouffres financiers. En effet, dans certains pays de la planète, plusieurs apports économiques et sociaux découlent de la conservation de la nature, selon un rapport de l’initiative The Economics of Ecosystems and Biodiversity.

Un exemple ? La Réserve maya de la biosphère (Guatemala), génère des revenus annuels de 50 millions de dollars, suite à des investissements importants des autorités dans la conservation. De plus, cette réserve emploie près de 7000 travailleurs, issue de la région.

Il apparaît donc évident que la création d’aires protégées doit être sérieusement considérée comme un outil de lutte aux changements climatiques, mais également comme un moyen de permettre à la vie de prospérer à jamais.

Toutefois, il ne faut pas être dupe dans cet optique de conservation ; les industries polluantes (sables bitumineux, exploitation minière, etc.) ne doivent pas bénéficier de la création d’aires protégées. Autrement dit, leurs émissions de GES et leur participation à la catastrophe écologique ne doit, en aucun cas, être compensées par la conservation de la nature sauvage. Le discours économique doit donc profondément s’inverser ; la biosphère doit primer sur le développement industriel irresponsable. Il en va de notre survie à tous…

À consulter :

M.
(Source : Jean-Michel Nahas, WILD9 ; incertitude et espoir, Ruefrontenac.com, 13 novembre 2009 ; http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/environnement/13705-mexique-sommet-wild9)

dimanche 8 novembre 2009

Wild 9 ; un accord historique entre le Canada, le Mexique et les États-unis pour la protection des milieux sauvages !


Mérida, ville mexicaine, accueille cette année le Wild9, un congrès international axé sur l’environnement. Ayant lieu tous les quatre ans, il mobilise des milliers de participants de tous les univers -scientifiques, jeunes militants, photographes, écrivains, politiciens, écologistes- autour de problématiques environnementales. Du 6 au 13 novembre, plus de 1000 délégués uniront leur voix pour représenter près de 40 pays différents et œuvrer pour une cause commune ; la nature sauvage et l’importance des aires protégées dans la lutte aux changements climatiques.

Même le Canada est présent à ce congrès international, par la voix de son ministre de l’environnement ; Jim Prentice. Ce dernier a d’ailleurs signé hier, un accord historique avec ses homologues américain et mexicain qui devrait faciliter la mise sur pied de projets de conservation des écosystèmes sauvages, et surtout, la connectivité de ces aires protégées entre les trois pays ! Reste évidemment à voir si cet accord sombra dans l’oubli comme le protocole de Kyoto … Cet accord revêt un caractère historique, puisque c’est la toute première fois que ces trois pays unissent leurs efforts pour assurer la protection la nature sauvage.

Ainsi, un comité sera formé, dans le but de recueillir des informations et des connaissances concernant les écosystèmes des trois pays fondateurs, question de construire une banque de données permettant de mieux comprendre la complexité de la nature sauvage. Selon Jim Prentice, cette entente s’avèrera « significative pour tous les canadiens dans les années à venir ».

Souhaitons-le…

Pour trouver plus d’informations à propos du congrès WILD9 :

M.

(Source : Yourianne Plante, Accord historique Canada-USA-Mexique pour la connectivité des milieux sauvages, Branchenature.net, 7 novembre 2009 ; http://www.branchenature.net/2009/11/accord-historique-canada-usa-mexique.html)

mercredi 4 novembre 2009

Le Canada ; un piètre protecteur de l’environnement


Le gouvernement conservateur, on le sait, fait très peu de choses pour conserver les écosystèmes du Canada intacts ou assurer la restauration des milieux naturels touchés par le développement industriel.

Or, désormais, il est possible d’affirmer que non seulement le gouvernement fédéral ne démontre aucune volonté concrète de protéger l’environnement, mais qu’en plus, il ne dispose d’aucune mesure législative pour encadrer le développement et l’exploitation industrielle. Sans équivoque, le commissaire à l'environnement, Scott Vaughan, affirme que la gestion des programmes environnementaux du gouvernement fédéral est complètement défaillante, inexorablement inapte à assurer la pérennité des grands écosystèmes canadiens contre les multiples agressions anthropiques ou naturelles (changements climatiques, pollution chimique et biologique, insectes ravageurs, etc.).

Les études d’impacts environnementaux présentent des lacunes dans la moitié des cas. En effet, après avoir révisé des dossiers d’examens préalables, le commissaire conclut qu’il est impossible d’avoir la certitude que les conséquences environnementales d’un projet de développement ont été correctement cernées et que des mesures d’atténuation ont été apportées. Et après coup, il n’existe aucun moyen de vérifier l’exactitude des études d’impact. Autrement dit, ces évaluations environnementales ne protègent pas réellement l’environnement, du moins, il est difficile de prouver le contraire !

Et, il n’y a pas que M. Vaughan qui déplore une telle situation. Sheila Fraser, vérificatrice générale, affirme que les habitants des réserves autochtones sont «beaucoup moins bien protégés contre les menaces environnementales que les autres Canadiens». Malheureusement pour eux, il n’existe pas de lois fédérales pour protéger l’environnement dans les réserves… ni ailleurs, finalement !

Sans commentaire…

M.
(Source : Malorie Beauchemin, Ottawa épinglé pour sa gestion des programmes verts, La Presse, 3 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/03/01-918010-ottawa-epingle-pour-sa-gestion-des-programmes-verts.php)

mardi 3 novembre 2009

La biodiversité s’essouffle, selon l’Union mondiale pour la conservation de la Nature (UICN)

Les réservoirs d’eau douce, aux confins de la planète, sont soumis à de multiples agressions anthropiques ; pollution biologique, drainage et irrigation excessifs, assèchement et remblaiement, déversements toxiques, etc. Cette situation engendre une problématique inquiétante au niveau de la biodiversité aquatique ; selon la dernière Liste Rouge de l'Union mondiale pour la nature (UICN) publiée lundi, près de la moitié des espèces de poissons d'eau douce sont menacées d'extinction. Cette hécatombe est le résultat direct de la dégradation galopante des écosystèmes aquatiques.

Néanmoins, les efforts de certains organismes pour rétablir ou restaurer les lacs, rivières et autres cours d’eau empoisonnés ou détruits encouragent parfois la réhabilitation de la biodiversité. Ainsi, certains aménagements, visant la conservation des ressources et des écosystèmes, permettent de rehausser les populations d’espèces poissonneuses autrefois menacées.


Malheureusement, selon l’UICN, les espèces et les populations de poissons ne sont pas les seules à être en déclin. Les amphibiens présenteraient la situation la plus préoccupante ; parmi les 6285 espèces d'amphibiens que compte la planète, 1895 sont en danger d'extinction. Les végétaux seraient également en péril, puisque près de 8500 espèces de plantes sont menacées d'extinction (70%), parmi lesquelles 114 sont déjà «éteintes» ou «éteintes à l'état sauvage» sur un total de 12151 plantes suivies. Finalement, du côté des mammifères, 79 espèces sont «éteintes» ou «éteintes à l'état sauvage», 188 sont «en danger critique d'extinction», 449 sont «en danger» et 505 «vulnérables» sur 5490 espèces de mammifères.

Une biodiversité en santé est cruciale pour la survie même de l’humanité. Les écosystèmes sont tributaires de chaque maillon, de chaque organisme, peu importe la taille ou l’attribut, constituant un tout indivisible. Tous ces organismes soutiennent la vie et les services écologiques rendus à la terre et aux êtres humains ; purification de l’air, de l’eau et des sols, nourriture, pollinisation, production de biomasse, etc. Sans eux, nous ne sommes rien. Et pourtant, chaque jour, nous omettons leur importance en détruisant les milieux naturels, en gaspillant les ressources et en gravant notre empreinte écologique dans la chair même de notre planète.
Ce déclin biologique pourrait bien être notre prochaine croisade, en plus des changements climatiques...
M.
(Source : Agence France-Presse, La moitié des poissons d'eau douce en voie d'extinction, Cyberpresse, 3 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/03/01-917914-la-moitie-des-poissons-deau-douce-en-voie-dextinction.php)