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lundi 22 février 2010

Les médias et le discours écologiste ; une participation à la dérive


Décidément, le discours écologiste est de toutes les tribunes, trouvant son écho à la fois dans les médias électroniques, télévisés ou traditionnels (journaux, revues, etc.). Le mouvement vert n’a jamais été aussi galvanisé, littéralement propulsé par une communauté internationale mobilisée et prête à accomplir un certain virage. Cependant, difficile de se retrouver dans cette mer chaotique d’informations parfois contradictoires, de discours souvent partisans et de désinformation programmée … Ainsi, il apparaît que les médias concourent, sciemment ou non, à cette dérive du discours écologiste.

Trop souvent, la couverture des médias ne tient pas compte de la véritable nature des enjeux environnementaux, complexes et ramifiés.
Les articles ou les dossiers de presse présentent des enjeux simplifiés, une vulgarisation incomplète ou incorrecte, des propos de spécialistes cités hors contexte. Bref, les titres accrocheurs annonçant des couvertures plutôt racoleuses tendent à s’approprier l’espace médiatique au détriment des articles de fond et de la véritable vulgarisation scientifique. Un exemple patent de cette dérive du discours écologiste par l’entremise des médias ; le sacro-saint sac réutilisable, érigé en véritable symbole de la lutte écologiste, présenté comme le geste ultime qui permet de consacrer sa ferveur à Dame Nature.

Or, à force de marteler ce message à tort et à travers, jusqu’à créer un sentiment de culpabilité chez les délinquants, les médias ont tout simplement occultés les aspects fondamentaux de ce geste ; la réduction à la source des matériaux polluants et le questionnement intrinsèque de nos modes de consommation, primordial à un changement de mentalité et à la réelle sauvegarde des écosystèmes mondiaux. Résultat ; il s’opère actuellement une surconsommation de ces sacs réutilisables, trop souvent produits à l’étranger, avec des matériaux dérivés du pétrole, bref, affichant une empreinte écologique effroyable. Curieusement, aucune mention ou presque de cet échec dans l’ensemble de la sphère médiatique… Et, il y a pire, car l’effet hautement pernicieux de cette situation réside en un désengagement de la population face à un discours écologiste confus, mal rapporté ou mal documenté.

À terme, les enjeux environnementaux sont traités comme de simples faits divers. Pourtant, les médias, censés être consacrés à la diffusion, la transmission et la communication d’informations d’importance aux lecteurs et auditeurs devraient s’attarder davantage aux enjeux environnementaux, puisqu’ils sont devenus, au fil des ans, des responsabilités collectives et des préoccupations de santé publique, et non des choix individuels comme certains le prétendre.

En outre, les médias de masse amplifient la dérive en devenant des vecteurs de diffusion des publicités mensongères, des campagnes douteuses de marketing vert et du greenwashing industriel. Ce faisant, des comportements de consommation s’immiscent dans l’esprit populaire, contribuant à accentuer les dérapages. Une illustration de ce phénomène ? Des publicités ventant les mérites d’un savon à vaisselle sur des oisillons victimes d’un déversement pétrolier. Or, des quantités infimes de ce produit, à peine plus grosses qu’une pièce de 25 cents, peuvent engendrer la mort d’un oiseau (Brown, 2003), en raison des propriétés physiques de cette substance qui conduisent à l’hypothermie en réduisant l’imperméabilité du plumage (Bernier et Lévesque, 2009)et de la toxicité évidente des hydrocarbures, étant potentiellement cancérigènes et génotoxiques, dépendamment de leurs formules chimiques (Office fédéral de la santé publique de Suisse, 2008). Inutile, donc, de faire tremper un oisillon dans l’eau savonneuse… si ce n’est pour tromper l’auditoire en insinuant que ce produit est un choix environnemental ou « eco-friendly ».

Étant donné l’ampleur et la vastitude de la crise écologique actuelle, du déclin de la biodiversité mondiale, des dérèglements climatiques, de la fragmentation des écosystèmes, de l’épuisement des ressources naturelles, de la pollution des cours d’eau, de la dégradation de la qualité de l’air et de la hausse effrénée des inégalités environnementales, force est désormais de constater qu’il est de la responsabilité de chacun de veiller à être informé adéquatement quant aux problématiques environnementales, de manière à y répondre efficacement, dans le but ultime de préserver ce qui reste de notre planète bleue. Devant cette dérive du discours écologiste dans les médias populaires, il apparaît donc que ces réponses se trouvent plutôt dans les médias alternatifs, les livres ou revues scientifiques, les émissions à caractère informatif et les sources réellement crédibles, qui tentent de faire la part des choses en se basant sur de la documentation étoffée et solide. Visons donc la consommation responsable et non l’aliénation collective !


M.

Références bibliographiques ;

Bernier, I et C. Lévesque. 2009. Écologie appliquée ; notes de cours. Cégep Saint-Laurent. Ville Saint-Laurent.

Brown, R.G.B. 2003. (Page consultée le 3 mai 2009). Enjeux et thèmes : Les oiseaux et la pollution par les hydrocarbures. (En ligne).
http://www.hww.ca/hww2_F.asp?id=229#sid67

Office fédéral de la santé publique de Suisse. 2008. (Page consultée le 3 mai 2009). Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). (En ligne).
www.bag.admin.ch/themen/chemikalien/00228/05582/index.html

vendredi 19 février 2010

Une lettre ouverte d'écologistes et de militants à propos de l'environnement au Québec

Parue dans Le Soleil, ce 19 février 2010 ;


Le Québec et l'environnement après sept ans: remettons les pendules à l'heure!

Depuis Copenhague, l'ineptie mondialement reconnue du gouvernement Harper en matière d'environnement fait en sorte que le gouvernement Charest est perçu comme LE grand défenseur de l'environnement. Si Jean Charest a certes démontré que les provinces n'endossent pas la politique honteuse de Stephen Harper dans la lutte aux changements climatiques, il reste qu'après 7 ans à gouverner le Québec, son bilan environnemental, malgré certains bons coups, est beaucoup plus sombre qu'il ne le laisse entrevoir.
Voici un aperçu de la situation :

Dossier nucléaire: même si en 2003, Jean Charest avait promis qu'il ne nous engagerait plus dans le nucléaire, Hydro-Québec projette d'acquérir la centrale Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick. De plus, il veut construire un nouveau réacteur nucléaire sur le site de Gentilly-2 au coût officiel de 2 milliards $ (montant qui sera largement dépassé) sans aucun débat public. Nous alourdirons ainsi notre héritage dans cette source d'énergie aux déchets très polluants, dangereuse pour la santé et dont les coûts sont reconnus comme les plus élevés au monde.

Dossier des forêts: l'année 2010 a été décrétée l'année de la biodiversité par l'ONU. Or seulement 5,1% de notre forêt boréale commerciale est protégée. Malgré plusieurs améliorations présentées dans le projet de loi 57 sur l'aménagement durable des forêts, les efforts en matière de conservation des forêts intactes pour la biodiversité restent minces. 88% de nos forêts publiques productives seront réallouées à l'exploitation industrielle sans même qu'il n'y ait de marge de manoeuvre pour protéger ce qui reste de plus précieux, soit les dernières forêts n'ayant pas été encore exploitées, soit 10% de notre territoire forestier.

Dossier transport: alors qu'au Québec, entre 1998 et 2008, la population a crû de 6%, le nombre de voitures et camions légers a crû de 31%, soit 5 fois plus! La première source d'émissions de CO2 du Québec est le transport (40%) et elles ont augmenté de 36,7% entre 1990 et 2007. Pourtant, le ministère des Transports du Québec dépensera 15 milliards $ en infrastructures pour le transport individuel, contre 2 milliards $ en transport collectif, sans tenir compte des plans d'urbanisme municipaux. Trois exemples: le pont de l'autoroute 25, les reconstructions de l'autoroute Notre-Dame et de l'échangeur Turcot.

Dossier des mines: comme l'a démontré le Vérificateur général, non seulement nous avons payé plus de $600 millions entre 2002 et 2008 pour que des compagnies minières exploitent nos ressources (non-renouvelables), nous avons également hérité au fil des ans d'un lourd passif environnemental, présentement évalué à plus de 300 millions $ pour restaurer des centaines de sites abandonnés. Le Québec s'apprête à se lancer dans l'exploitation de plusieurs mégamines à ciel ouvert à «faible teneur - forts impacts», sans pourtant obliger leur restauration complète, ni restreindre leur consommation phénoménale d'eau, d'énergie et de produits chimiques. Autre enjeu crucial: le gouvernement refuse toujours d'imposer un moratoire sur les mines d'uranium, alors que le temps presse et que les impacts sur la santé et l'environnement l'exigeraient.

Les barrages contre l'efficacité énergétique: après l'Islande, c'est au Québec qu'il se consomme le plus d'électricité par habitant sur la planète. L'électricité la plus rentable est celle que nous économisons. Suite à la commission parlementaire sur l'énergie de 2005, l'Agence d'efficacité énergétique a de nouveau reçu des budgets dignes de ce nom. Or, le plan de l'agence couvrant la période de 2007 à 2010 se fait toujours attendre...

En pleine période de surplus énergétique, le gouvernement relance des projets de méga-centrales comme La Romaine et relance les projets tant décriés de petites centrales hydroélectriques dont il est déjà prévu que le coût marginal dépassera la valeur à l'exportation. Ainsi, nous allons détruire des écosystèmes de façon durable pour perdre collectivement de l'argent...après que les Américains aient statué que cette énergie n'est pas verte.

L'indépendance face au pétrole... et la dépendance au gaz naturel: le lobby du gaz naturel semble avoir pris le contrôle de ce gouvernement. Après le Suroît, la centrale de Bécancour (fermée après un an, alors que nous paierons à TCE Energy au moins $1,5 milliard sur 10 ans pour ne pas qu'elle produise d'électricité), les ports méthaniers Rabaska et Cacouna d'importation de gaz naturel ainsi que l'exploration et l'exploitation tous azimuts de gaz dans le golfe du St-Laurent et les schistes (très polluants et sans redevance pendant cinq ans), voilà maintenant que le gouvernement finance une tournée panquébécoise sur l'indépendance face au pétrole avec comme partenaire Gaz Métro, qui veut nous débarrasser du pétrole... pour le remplacer par du gaz naturel.

Dossier changements climatiques: malgré une énième augmentation annuelle des GES, Québec prétend encore qu'une réduction de 6% en 2012 par rapport à 1990 est à notre portée. Or, les objectifs de Kyoto ne sont pas de -6% pour 2012, mais bien pour une baisse de 6% en moyenne durant les cinq années incluses entre 2008 et 2012! Si les secteurs autres que le transport, comme le secteur industriel (32% des émissions), qui a réussi à baisser ses émissions de 6,2% depuis 1990, se maintiennent, le secteur des transports devra réduire les siennes de 24% ! Malgré l'application positive des normes californiennes, les objectifs de Kyoto ne seront de toute évidence pas atteints.

Autres dossiers problématiques: sept ans après l'avoir promis... le non-étiquetage des OGM et l'application de la politique nationale de l'eau; le tablettage de la révision du règlement sur la qualité de l'air; le Plan Nord; le BAPE rendu inoffensif; le développement anarchique de l'éolien; sans oublier l'amiante, qui, première cause de décès des travailleurs du Québec, mine notre crédibilité internationale; et, pour couronner le tout, le nouveau soutien aux entreprises qui veulent «profiter des occasions d'affaires dans les sables bitumineux».

Conclusion: se comparer au gouvernement canadien pour démontrer combien nous sommes verts équivaut à se comparer à l'idiot du village global pour illustrer notre génie. Notre bilan environnemental est bien moins reluisant que le gouvernement le prétend. C'est pourquoi, avec l'aide de ce commissaire à l'éthique qu'il nous promet depuis sept ans, ce gouvernement devra se distancer des lobbies miniers, forestiers, de génie-conseil, de la construction et de l'énergie pour se concentrer sur des actions réellement fidèles à l'esprit du vrai développement durable. À la veille du budget et en pleine négociation sur plusieurs des dossiers évoqués ici, ceci est essentiel pour l'avenir écologique et économique du Québec.

AUTEURS ;
Daniel Breton, Xavier Daxhelet, Vincent François, Denis L'Homme/ «Maîtres chez nous-21e siècle»,
Henri Jacob/Action Boréale Abitibi-Témiscamingue, Nicolas Mainville, Melissa Filion, Virginie Lambert-Ferry/Greenpeace, Paul Piché/Fondation Rivières, Ugo Lapointe, François Lapierre/ Coalition pour que le Québec aie meilleure mine, Sophie Thiébaut/co-fondatrice de Mobilisation Turcot, Michel Duguay, Philippe Giroul, Michel Fugère, Nicole Béland/ Mouvement Sortons le Québec du nucléaire, Yvan Croteau/ Réseau Québécois des Groupes Écologistes, Pierre Jasmin et Daniel-Jean Primeau/Artistes pour la paix, Pierre Lambert/ Mouvement Vert Mauricie, Jean-Guy Vaillancourt/sociologue, Pierre Gauthier/professeur d'urbanisme, Jean Décarie/urbaniste, Eric Notebaert/Professionnels de la Santé pour la Survie Mondiale, Jacques Levasseur/Coalition Stop au Méthanier, Pierre Véronneau/écologiste

lundi 8 février 2010

Une initiative fantastique ; jumeler des agriculteurs et des épiceries pour faire pousser des légumes !

Les légumes et les fruits, en épicerie, terminent trop souvent leurs vies dans les sites d’enfouissement, faute d’avoir été achetés par des consommateurs, ou encore, en raison de la surproduction agricole.

Toutefois, certains propriétaires de supermarchés ont décidé de remédier à cette situation fâcheuse, bien avant l’arrivée des usines de traitements des déchets organiques. Ainsi, des épiciers et des agriculteurs unissent leurs forces pour recycler les fruits et légumes périmés ou trop défraîchis pour être vendus en commerce. L’idée est simple ; composter ces matières organiques pour en faire de l’engrais pour les terres agricoles !

«Nos magasins produisent beaucoup de matières organiques et c'est une avenue très intéressante pour nous», explique Anne-Hélène Lavoie, porte-parole du groupe Sobeys.

En effet, près du tiers des déchets produits par les épiceries est composé de matières organiques. Avec ce processus de compostage, les IGA participants remettent les fleurs coupées, le pain et les cartons cirés, qui peuvent ainsi être transformés, en plus des fruits et légumes périmés. Des épiceries des deux autres grandes bannières, Metro et Provigo, font de même partout au Québec.

Certains commerçants oeuvrent directement avec les agriculteurs de leur région, tandis que d’autres tirent profit d’un partenariat avec AZN2 Environnement, une firme jumelant des épiciers avec des exploitants agricoles dans le but de gérer écologiquement les déchets organiques.

Comme les légumes et les fruits doivent être dépouillés de tout emballage, élastiques, filets ou barquettes, une manutention est nécessaire pour préparer les déchets organiques à la collecte. Un surplus de travail pour les employés.

«Au départ, c'était un peu comme le recyclage: on croyait que ce serait très compliqué, mais les employés ont vite pris l'habitude», explique Normand Barbeau, directeur du supermarché IGA de Dollard-des-Ormeaux qui participe au projet AZN2 depuis deux mois et qui en est ravi.

Ainsi, des dizaines d’épiceries, à l’échelle de la province, participent actuellement à ce projet de gestion écologique des matières organiques. Ces dernières sont recueillies par deux fermes, dans la région montréalaise et dans la région de Québec.

«Actuellement, les épiciers paient pour faire enfouir leurs déchets: nous leur disons qu'ils peuvent choisir de payer un agriculteur qui va les valoriser», dit Michel Dufour, président d'AZN2 Environnement.

La firme remet ensuite une partie de ses coûts de collecte à l’agriculteur, devant par la suite transformer les matières organiques en compost. Autrement dit, en plus d’encaisser des compensations, l’agriculteur obtient un engrais, réduisant de surcroît les coûts reliés à l’achat de fertilisant industriel et chimique.

«Dans certains cas, ils n'achèteront plus jamais d'engrais chimique», estime Michel Dufour.

Une initiative complètement logique et magnifique, prouvant que le partenariat local est plein de promesse… et que quand on veut vraiment, c’est possible ! Chapeau !

M.


(Source ; Stéphanie Bérubé, Des déchets pour faire pousser nos légumes, La Presse, 2 février 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/201002/02/01-945365-des-dechets-pour-faire-pousser-nos-legumes.php)

samedi 6 février 2010

Région métropolitaine ; La collecte des matières organiques d’ici 2014 !


Ça y est ! Les résidents de la région métropolitaine de Montréal pourront désormais éviter l’enfouissement de leurs matières organiques, via un nouveau système de collecte des matières putrescibles d'ici 2014 ! C’est du moins ce que Québec et Ottawa ont conjointement annoncé en début de semaine, confirmant ainsi leur contribution au financement de projets de traitement des déchets organiques (résidus de table, gazon, feuilles mortes), totalisant près de 559 millions de dollars. Ottawa devrait verser près de 150 millions de dollars, tandis que Québec participera à la subvention des projets à la hauteur de 165 millions.

Les nouvelles installations seront dédiées au traitement des matières putrescibles en provenance de Montréal, Laval, Longueuil et la Montérégie. Une usine de traitement sera également construite à Laval, cinq à Montréal, une à Longueuil puis deux autres en Montérégie. De même, ces agglomérations pourront détourner de l’enfouissement les boues d’épuration provenant des usines de traitement des eaux. Les villes et les agglomérations contribueront donc elles aussi au financement, une somme de 245 millions de dollars.

Du biogaz, dîtes-vous ?

À Montréal, où les investissements totaliseront 215 millions de dollars, 5 usines de traitement seront construites, soit deux dédiées au compostage, un centre de prétraitement des déchets, et deux usines centrées sur la « biométhanisation » c’est-à-dire l’extraction de biogaz à partir des déchets organiques traités. Ce biogaz peut évidemment servir de carburant, tandis que le « digestat » résiduel peut être composté. Les ordures acquérront désormais une valeur ajoutée, plutôt qu’atterrir vulgairement aux sites d’enfouissement ! Présentement, des bacs bruns sont déjà à l’essai dans certains arrondissements montréalais ; Plateau-Mont-Royal, à Côte-Saint-Luc, à Westmount et à Pointe-Claire. Ils font d’ailleurs l’objet de consultations populaires, afin de peaufiner et de simplifier le processus de collecte.

Les écolos se réjouissent !

Depuis un long moment déjà, des groupes écologistes réclamaient des mesures pour détourner l’enfouissement des déchets organiques, activité génératrice de GES. En effet, l’enfouissement crée des conditions anaérobies (sans oxygène), propices à la prolifération de certaines bactéries qui fermentent les matières organiques, tout en libérant du méthane, un GES 20 fois plus puissant que le CO2.

Le directeur du Front commun québécois pour la gestion écologique des déchets se réjouit d’ailleurs que le traitement des déchets montréalais soit effectué dans la métropole même, plutôt que d’être expédiés dans les villes avoisinantes.

«Le problème à Montréal, avec les matières organiques, c'est qu'on ne les voyait pas parce qu'on les exportait en région, a-t-il résumé. On démontre qu'à Montréal, on a l'intention de se prendre en main

À écouter également ;

Christiane Charette s'entretient avec Line Beauchamp, ministre de l'Environnement du Québec, à propos de ses dossiers et des propos de Jim Prentice, son homologue fédéral ; http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=103033

M.

Source; Martin Croteau, Un bac de compostage à la maison d'ici 2014 dans le Grand Montréal, La Presse, 2 février 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/201002/02/01-945354-un-bac-de-compostage-a-la-maison-dici-2014-dans-le-grand-montreal.php

lundi 1 février 2010

Le Canada… un cancre climatique… et environnemental !

L’Université Yale a publié, récemment, son palmarès environnemental intitulé Environmental Performance Index (EPI). Le Canada autrefois classé huitième avec une note de 86,6 sur 100, a littéralement entamé une descente aux enfers, dégringolant au 46e cette année, tout juste derrière le Mexique, la Roumanie et la Hongrie.

Alors que le Canada peut se targuer d’avoir obtenu des notes parfaites ou presque en ce qui concerne des indicateurs sanitaires comme l'accès et la qualité de l'eau potable, la pollution de l'air dans les logements, il se voit complètement recalé en matière d’émissions de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote, de composés volatiles (autre que le méthane), d'ozone et de GES par habitant. La performance environnementale canadienne est également désastreuse en ce qui a trait à la conservation des écosystèmes marins et côtiers, en plus d’être fortement entachée par la production et la consommation massive de combustibles fossiles.

Les grands gagnants de ce palmarès ; l'Islande (note finale de 93,5 %), la Suisse (89,1 %), le Costa Rica (86,4 %) et la Suède (86,0 %).

Rappelons également que la piètre performance du Canada au niveau environnemental n’est pas surprenante. Pour plusieurs analystes, cette dégringolade était rapportée par plusieurs sondages et palmarès.

«Il y a d'autres classements environnementales récent où le Canada n'a pas fait bonne figure», rappelle Jean Mercier, professeur de science politique à l'Université Laval et spécialiste des politiques environnementales.

Visiblement, les politiques conservatrices font des ravages aux écosystèmes canadiens... Les conséquences ne sauront tarder.

Pour en connaître davantage sur le classement de l’université Yale: epi.yale.edu


M.

(Source ; Jean-François Cliche, Performance environnementale: le Canada plonge au 46e rang, Le Soleil, 27 janvier 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/environnement/201001/27/01-943628-performance-environnementale-le-canada-plonge-au-46e-rang.php)

mercredi 27 janvier 2010

Plan Nord ; une table des partenaires du Plan Nord pour le moins disproportionnée !


La Table des partenaires du Plan Nord, mise sur pied par le gouvernement Charest pour réfléchir aux enjeux de développement des territoires du nord québécois, souffre d’une étrange disparité au niveau de la représentation des organismes de conservation des espaces naturels et de la biodiversité. Elle se réunissait hier, malgré cette configuration discriminante.

En effet, alors que le gouvernement libéral s’était engagé, lors de sa dernière campagne électorale, à soustraire du développement industriel près de 50 % du nord de la province, les représentants des groupes écologistes, des organisations dont l’expertise est dédiée à la conservation des écosystèmes et au développement durable n’occupent que deux sièges à la Table des partenaires du Plan Nord.

«Sur 27 membres de cette Table, il n'y a que deux sièges associés à l'environnement et au développement durable. Et aucun des groupes représentés n'a de siège social au Québec!», dénonce Christian Simard, directeur de Nature Québec, organisme phare en matière de conservation et de protection des écosystèmes.

Autant dire que le gouvernement semble évacuer ses meilleurs outils d’analyse et d’encadrement du développement du nord, préférant, encore une fois, favoriser la préséance des discours du développement sur ceux de la conservation de la biodiversité.

Pour Nature Québec, l’heure est à la réelle concertation des acteurs, afin d’adapter le développement industriel aux nouvelles réalités environnementales ; changements climatiques, crise de la biodiversité, vulnérabilité accrue des écosystèmes nordiques, etc.

Nature Québec cite, à titre d’exemple, l’Ontario, où une table de concertation, regroupant des écologistes, des autochtones, des industriels et des scientifiques, a été instauré dans le but ultime de redéfinir le développement des territoires du nord ontarien avec la priorité de protéger les derniers bastions d’espaces vierges et la biodiversité nordique.

Or, le modèle québécois semble encore privilégier le développement effréné au détriment de la préservation des écosystèmes, dont nous sommes pourtant tous dépendants, et cela, en contradiction avec les prémisses du développement durable.

Et comme l’explique Christian Simard, «on se garroche plutôt dans le Nord avec nos vieux modèles du Sud». Un peu de vision, M. Charest ?

Avec cette approche, que restera-t-il du Nord ?

À lire ;

Nature Québec (Communiqué de Presse) ; La table du Plan Nord se réunit aujourd’hui ; Nature Québec déplore la sous représentation de la conservation ; http://www.naturequebec.org/ressources/fichiers/Aires_protegees/CO10-01-26_PlanNord.pdf

Louis-Gilles Francoeur ; Développement du Nord ; l’Ontario citée en exemple, Le Devoir, 27 janvier 2010 ; http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/281885/developpement-du-nord-l-ontario-citee-en-exemple

M.

vendredi 22 janvier 2010

Salon de l’automobile ; les concessionnaires attaquent le nouveau règlement québécois sur le contrôle des émissions de gaz à effet de serre (GES)

Extrait de l’article très étoffé de Louis-Gilles Francoeur concernant la grogne qui entoure le nouveau règlement québécois sur le contrôle des émissions de gaz à effet de serre (GES) du parc automobile ;

Certains constructeurs automobiles ainsi que les concessionnaires québécois ont profité de l'ouverture du Salon de l'automobile de Montréal pour attaquer le nouveau règlement québécois sur le contrôle des émissions de gaz à effet de serre (GES) du parc automobile. Baroud d'honneur ou guerre ouverte en perspective? Pour l'heure, le gouvernement québécois n'a aucune intention de reculer.

[…]
Les arguments des concessionnaires

La Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ) a invoqué trois arguments contre le règlement québécois et une conclusion principale
: la santé financière et les profits des concessionnaires sont menacés ainsi que les 35 000 emplois directs et indirects qui en dépendent. On se serait cru jeudi devant un cataclysme financier aussi important que l'effondrement de GM et de Chrysler l'an dernier.

Trois arguments ont été invoqués. Si les constructeurs et les concessionnaires doivent abaisser les émissions «moyennes» de leurs ventes annuelles en vertu du règlement, ils devront donc éliminer les modèles les plus énergivores, ce qui incitera des consommateurs à les acheter en Ontario ou aux États-Unis. Ils ont aussi soutenu n'avoir pas été consultés par Québec et ont répété à satiété que le règlement québécois était «plus sévère» que celui de la Californie, comme l'a affirmé au Devoir le président de la CCAQ, Me Jacques Béchard.

Les faits parlent cependant d'eux-mêmes. Québec a annoncé son intention d'appliquer ici le règlement californien dans son plan de lutte contre les changements climatiques de 2006. À Bali, l'année suivante, la ministre Beauchamp annonçait l'entrée en vigueur du règlement quand celui de la Californie aurait force de loi. Et, au début de 2008, Québec a prépublié dans la Gazette officielle pour fins de consultation son projet de règlement. Les constructeurs et les concessionnaires ont officiellement déposé un mémoire en réaction au projet.

«Nous avons retenu plusieurs de leurs commentaires, mais nous n'avons pas fait droit à leur argument principal, soit qu'il n'appartient pas aux provinces de réglementer ce domaine et que des normes nationales ou continentales suffisent», expliquait hier le directeur du Bureau québécois sur les changements climatiques, Marcel Gaucher.

Ce dernier ainsi que la ministre nient que le règlement québécois soit plus sévère que celui de la Californie. Québec a même mis de côté, révèle Line Beauchamp, la façon dont Ottawa voulait calculer les émissions pour mieux coller au règlement californien. Et les deux porte-parole de l'Environnement nient sans ambiguïté que la catégorie des véhicules légers englobe au Québec les SUV, contrairement à ce que ferait la Californie.

La confusion, explique Line Beauchamp, vient sans doute du fait que l'EPA envisage effectivement certains allégements dans la version fédérale du même règlement. Mais si la Californie et ses 14 alliés, dont la plupart des États voisins du Québec en Nouvelle-Angleterre, ont accepté de donner le choix aux constructeurs d'appliquer le règlement fédéral ou le leur, c'est à la condition que les normes étasuniennes rejoignent leurs exigences. Ils se sont réservés le droit d'imposer leurs propres normes si celles de Washington sont trop laxistes. Québec suivra le dossier de près mais, d'entrée de jeu, on se dit «partenaire» des 15 États en question, qui représentent 40 % du marché de l'automobile aux États-Unis.
Reste l'argument des gens qui iraient acheter leurs gros 4x4 aux États-Unis ou en Ontario si les concessionnaires d'ici sont obligés de retirer certains modèles du marché ou d'en vendre moins pour améliorer leurs émissions «moyennes».

Marcel Gaucher explique que le phénomène sera marginal et que, s'il devait prendre de l'ampleur, il serait facile à contrôler par l'enregistrement des véhicules. Un de ces moyens pourrait bien être le système de malus-bonus que prépare l'Agence québécoise d'efficacité énergétique en consultation avec plusieurs ministères. Ce système impose une surtaxe ou une détaxe proportionnelle aux émissions des véhicules. Il pourrait même frapper plus durement par le malus ceux qui achètent de gros véhicules hors du Québec.

Mais, de toute façon, indique Marcel Gaucher, les règles californiennes ou canadiennes qui vont s'en inspirer vont s'appliquer dans les provinces et États voisins du Québec.

Lire absolument la suite ;


Louis-Gilles Francoeur, Règlement sur les normes californiennes - Québec ne fera pas machine arrière, Le Devoir, 16 janvier 2010 ; http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/281215/reglement-sur-les-normes-californiennes-quebec-ne-fera-pas-machine-arriere

M.

jeudi 21 janvier 2010

Les logos et certifications écologiques au Québec ; aucun encadrement législatif


Force est de constater que le marketing vert est à la mode, en hausse fulgurante et ahurissante, suscitant scepticisme et confusion chez les consommateurs. Les slogans et les logos maisons pullulent, sans aucune assurance de la crédibilité de ces certifications officieuses et douteuses. Deux chercheurs et professeurs à la faculté d’administration de l’Université de Sherbrooke, Fabien Durif et Caroline Boivin, se sont intéressés précisément à cette situation chaotique, dans une étude à paraître.

Leur base de données, répertoriant près de 1205 produits nettoyant répartis en 133 marques, est constituée de tous les produits nettoyants, comprenant les détergents tout usage, à lessive, les assouplisseurs et les savons à vaisselle, vendus par 32 détaillants québécois. Bien que l’analyse statistique soit encore préliminaire, les chercheurs ont dressé un portrait plutôt confus de la situation du marketing vert au Québec. (Les résultats doivent également être corroborés par des pairs.)

Des logos qui portent à confusion

Les chercheurs ont ainsi recensé près de 58 labels différents, arborant diverses images se rapportant à la nature ; feuille, fleur, animaux, etc. Pis encore, des slogans maisons, des allégations sans logo officiel, des références à des critères arbitraires font office de certification écologique dans bien des cas.

Aucun encadrement législatif


«Il y a un manque de compréhension, une confusion et une méfiance à l'égard des écolabels, a déploré M. Durif lors d'un entretien téléphonique au Soleil. [...] Il y a des pays qui limitent le nombre de labels officiels. Je ne suis pas spécialiste en droit, mais on a fait quelques recherches et il n'y a pas d'encadrement législatif ici. Une marque peut s'autodéclarer verte, peut mettre des slogans et des logos verts maison : il n'y a pas d'interdiction spécifique. Il y a une liberté totale là-dessus. »

«L'encadrement législatif, cela permettrait de distinguer les compagnies qui ont une vraie culture verte de celles qui instrumentalisent l'argument vert pour augmenter leurs ventes. À l'heure actuelle, les entreprises qui sont vraiment performantes au niveau vert n'arrivent pas vraiment à se distinguer, à le faire savoir», plaide-t-il.

Une certitude dans tout ça ?

Dans la mer de certifications bidons et de logos maisons qui submergent les tablettes des commerces, seuls quelques certifications, officielles et crédible, éclairent réellement les consommateurs soucieux de l’environnement. Les labels EcoLogo, Environmental Choice Programm et Design for the Environment figurent parmi ceux-là, ayant été créés par des agences gouvernementales et faisant l’objet de suivis et de vérifications. À rechercher, donc.

M.
Source ; Jean-François Cliche, Logos écologiques; le Far West vert, Le Soleil, 18 janvier 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/environnement/201001/17/01-940105-logos-ecologiques-le-far-west-vert.php

samedi 16 janvier 2010

Les déchetaristes ; la récupération de la nourriture pour éviter le gaspillage

L’émission 109, à RDI, dévoile une initiative fort inspirante ; des militants écologistes, également sensibilisés aux inégalités sociales (pauvreté, sécurité alimentaire, etc.), veillent à la récupération et à la redistribution de denrées alimentaires comestibles, autrement vulgairement jetés aux ordures.

Émission ;

Quel ordure !

Réalisation ; Geneviève Breault

Ils ne sont ni pauvres, ni sans-abri. Et pourtant ils fouillent dans les ordures pour se nourrir. Ce sont les militants du mouvement «Freegan», une coalition écologique qui lutte contre le gaspillage de nourriture par les supermarchés. Une jeune Montréalaise de 25 ans, Prunelle Thibault-Bérard, se joint à une patrouille de «freegans» qui vident les poubelles sous le couvert de la nuit, pour récupérer des aliments parfaitement comestibles. Dans son documentaire, Quelle ordure !, la réalisatrice Geneviève Brault se penche l’ampleur du gaspillage alimentaire et nous présente des activistes engagés qui se donnent corps et âme pour récupérer et redistribuer la nourriture aux plus démunis. Un documentaire inédit, tourné dans les tranchées de la guerre au gaspillage.

Un court extrait ; http://www.109-tv.com/emission_de_la_semaine.php

À voir absolument ; à RDI, ce samedi 16 janvier à 19h30 !



Liens ;

Voilà une initiative qui a de quoi faire réfléchir sur la surproduction et le gaspillage éhonté de denrées alimentaires...


M.

mardi 12 janvier 2010

Gestion des déchets ; Harper et Charest annoncent une enveloppe budgétaire

Rivière-du-Loup.

Le Premier Ministre Jean Charest, ainsi que son homologue fédéral, Stephen Harper, ont annoncé conjointement, ce mardi, l’octroi d’une subvention de l’ordre de 9 millions de dollars pour la création de la toute première usine canadienne de biocarburant et de compost, dérivant de matières organiques domestiques.

Cette nouvelle annonce s’inscrit dans la foulée de la récente Politique québécoise de gestion des matières résiduelles (novembre 2009), visant notamment à enrayer complètement l’enfouissement des matières putrescibles à l’horizon de 2020.

La tribune médiatique partagée et le contexte de collaboration n’ont toutefois pas empêché le premier Ministre Charest de réitérer le leadership du Québec en matière d’environnement et de lutte aux GES, faisant ainsi une critique voilée des timides engagements du premier Ministre Harper dans la lutte aux changements climatiques.

Jean Charest a même poussé l’audace jusqu’à répondre à une question adressée à M. Harper, portant sur les menaces terroristes.

«Depuis le 11 septembre, l'enjeu prioritaire entre le Canada et les Etats-Unis, c'est devenu la sécurité», a-t-il dit.

Sur ce coup, chapeau Monsieur Charest ! Dommage que les conservateurs se défilent toujours devant les réprimandes et qu’ils mésestiment la portée de leurs actes... En plus d'être passablement irresponsables.

Pour entendre la conférence de Presse ;

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2010/01/12/001-usine-cacouna-biocarburant.shtml

Pour relire des articles concernant la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles ;

http://planetesoustension.blogspot.com/2009/11/enfin-une-bonne-nouvelle-le-quebec-se.html


M.

(Source ; La Presse canadienne, Charest critique Harper en sa présence, La Presse, 12 janvier 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201001/12/01-938401-charest-critique-harper-en-sa-presence.php)

lundi 11 janvier 2010

Lettre ouverte à Stephen Harper

Monsieur Stephen Harper, Premier Ministre du Canada et « Fossile de l’Année », si je vous écris en cette froide matinée hivernale, c’est que la démocratie canadienne encaisse, encore une fois, un dangereux dérapage. En tant que citoyenne de ce pays, jadis progressiste et admiré sur la scène internationale, il est de mon devoir de vous faire part de mes impressions quant à votre gouvernance, qui tient davantage du totalitarisme masqué que de la saine gestion et de la démocratie respectueuse des citoyens et citoyennes. La récente prorogation de la session parlementaire est inacceptable. Je ne suis pas dupe ; cette absence conservatrice au parlement est une lâche et minable tentative de nous faire oublier vos bévues politiques, qui n’ont de cesse d’entacher la réputation du Canada. Je parle ici, entres autres, des récentes allégations de torture en Afghanistan, qui, avérées ou non, doivent impérativement faire l’objet d’enquêtes sérieuses et publiques. En tant que Premier Ministre, vous devez faire la lumière sur cette histoire douteuse, qui jette l’opprobre sur le Canada et sa réputation de pays avant-gardiste. Cessez d’être le fantoche des États-unis de l’ère bushienne et soyez clair, transparent et à l’écoute de vos citoyens, qui, je vous le rappelle, vous ont malheureusement élu pour que vous respectiez leurs intérêts. Et, je ne fais pas ici allusion uniquement aux compagnies pétrolières et aux lobbies des sables bitumineux. Les Canadiens et Canadiennes veulent la vérité, et vous seul possédez le pouvoir politique de leur livrer ; agissez.

Quant à votre risible participation, inutile et honteuse, à l’historique conférence de Copenhague, les mots me manquent pour exprimer la frustration qui me hante. Alors que les pays du monde entier, et les exemples européens pullulent, se tournent résolument vers des technologies énergétiques vertes, des programmes de soutien à l’économie écologique et sociale ainsi que des initiatives de conservation de la nature sauvage, le Canada balaie du revers de la main ce qui doit être la première prise de conscience planétaire ; la terre croule sous l’empreinte écologique de l’humanité. À la limite, que vous y croyez ou non me laisse de glace. Cela me semble simplement stupide. Néanmoins, en tant que gestionnaire d’un pays industrialisé, il apparaît incroyable que vous manquiez ainsi le virage mondial et cette nouvelle économie qui se dessine à l’horizon. Les opportunités d’affaires et les initiatives, désormais plus respectueuses de l’environnement et des communautés humaines, se multiplient à l’échelle mondiale. Or, vous refusez obstinément d’en faire partie intégrante. Cela ne va pas dans le sens de mes intérêts, sachez-le. Et, je ne désire pas y être associée. Vos oeillères ne sont pas les miennes.

Ainsi, pour l’année 2010, je désire dorénavant un pays qui agisse en leader mondial des questions climatiques, en plus de prôner une conservation efficace et rigoureuse des derniers bastions de notre écosystème forestier boréal. J’aspire également à une gouvernance véritablement axée sur les problématiques environnementales, comme le financement des groupes écologistes (faisant également partie d’une saine démocratie) ou la protection de la biodiversité. À ce sujet, j’aimerais simplement vous faire part d’une autre problématique mondiale majeure ; le déclin inexorable des espèces vivantes. 2010 sera l’année de la Biodiversité, selon l’Organisation des Nations Unies ; voilà une occasion pour vous de racheter la piètre performance conservatrice à Copenhague…

Outre l’environnement, je souhaite un Canada davantage transparent, favorisant l’interaction et le choc des idées, et non une prorogation dès que la situation semble vous discriminer. Notre pays (bien que je me considère davantage comme québécoise que canadienne) doit également encourager l’érudition et la curiosité intellectuelle, et non saper dans des programmes comme le Conseil canadien sur l'apprentissage (CCA), organisme ayant pour mandat de soutenir la recherche dans le but d'améliorer l'apprentissage au Canada en plus de tenter de faire reculer le décrochage scolaire. Et, comme le témoigne l’écrivain Yann Martel par l’envoi répété de romans à votre endroit, la culture doit être omniprésente dans une société, soutenue et financée, afin de célébrer les origines et les fondements d’un peuple.

Finalement, je vous souhaite, en cette nouvelle décennie, un dynamisme nouveau, une réelle envie de participation à la démocratie, une conscience environnementale accrue et aiguisée, un soutien enthousiasme à l’économie sociale et humaine, un sens de l’empathie et du dévouement… et pourquoi pas ? des couilles pour faire reculer les lobbies pétroliers, miniers, gaziers, forestiers.


Vivement un Canada sain, progressiste, écologique et avant-gardiste.


Marie-Pierre Beauvais
Citoyenne québécoise d’un pays en déroute et
Technicienne en Bioécologie



À lire également ;

Le monde hait le Canada ; http://www2.macleans.ca/2009/12/15/suddenly-the-world-hates-canada/

Hugo De Grandpré, Prorogation ; The Economist acerbe envers Harper, La Presse, 7 janvier 2010 ; http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201001/07/01-937084-prorogation-the-economist-acerbe-envers-harper.php

Alec Castonguay, Les Canadiens déçus de Harper à Copenhague, Le Devoir, 6 janvier 2010 ; http://www.ledevoir.com/politique/canada/280551/sondage-les-canadiens-decus-de-harper-a-copenhague

François Cardinal,
La réduction des cibles pour le secteur pétrolier sème la consternation, La Presse, 15 décembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/dossiers/conference-de-copenhague/200912/15/01-931267-la-reduction-des-cibles-pour-le-secteur-petrolier-seme-la-consternation.php

La Presse Canadienne, Sables bitumineux ; une étude contredit les chiffres de l’industrie, Cyberpresse.ca, 7 décembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200912/07/01-928838-sables-bitumineux-une-etude-contredit-les-chiffres-de-lindustrie.php

samedi 9 janvier 2010

La biomasse forestière ou l’art de brûler le potentiel de régénération des forêts du Québec !

La nouvelle et désastreuse filière énergétique de la biomasse forestière tombe à point nommé pour l’industrie du bois au Québec. En effet, le gouvernement provincial donne désormais son aval à la collecte industrielle des arbres commerciaux non récoltés, des arbres et arbustes sans valeur commerciale, des arbres en zone de feu ou en zones propices aux épidémies d’insectes ravageurs, ainsi qu’à près de 70 % des résidus abandonnés sur les des parterres de coupe.

Cette biomasse, pourtant cruciale à la régénération des forêts, est ainsi octroyée aux forestières dans le but de produire 125MW d’électricité, énergie ensuite revendue à Hydro-Québec Distribution. Ventée comme une énergie alternative et verte, cette nouvelle filiale énergétique menace cependant la productivité et la biodiversité des forêts touchées par cette collecte de tiges ligneuses, autrefois sans attrait pour l’industrie. C’est que la biomasse forestière agit comme un amendement, un véritable engrais, pour les sols forestiers, passablement fragilisés par la machinerie lourde et le lessivage des minéraux par les pluies. De plus, les tiges laissées au sol assurent abris et nourriture à la faune, pour qui l’habitat est d’ores et déjà grandement dégradé.

Ainsi, les débouchés de la biomasse forestière sont loin d’être verts. Qualifiée de «carboneutre» par ses partisans, l’énergie issue de la combustion de la biomasse forestière concourt plutôt aux changements climatiques. En effet, la collecte, la transformation et la distribution de cette énergie se font non sans libérer une quantité importante de GES dans l’atmosphère. Et, quant aux affirmations selon lesquelles le carbone libéré par la combustion des tiges sera capté à nouveau par la forêt en croissance suite aux coupes, il faut ajouter une précision ; selon les prévisions scientifiques, il faut près d’un siècle pour que le carbone émis ne soit à nouveau stocké dans la biomasse en croissance. La biomasse forestière, telle que développée actuellement, est donc loin d’être «carboneutre» !

Qui plus est, l’encadrement de cette nouvelle filière énergétique est plutôt leste, voire même carrément inadéquat. À preuve, aucune étude d’impacts environnementaux, ni consultation publique sur la question, n’a été commandée par les autorités gouvernementales. Pour certains, il s’agit donc d’un réel dérapage environnemental. Faut-il également ajouter que la biomasse, étant de faible densité énergétique (autrement dit, peu efficace), nécessitera des quantités astronomiques de matières premières, prélevées à même nos forêts, déjà essoufflées, malmenées et vulnérables. Une preuve ? Pour produire ces 125 MW d’énergie issue de la biomasse forestière, près de 1,1 million de tonnes métriques (ou sèche) de matières ligneuses sera brûlée annuellement ! Ces chiffres proviennent d’ailleurs de sources gouvernementales ! Et c’est sans compter la participation de cette filière énergétique, soit disant écoénergétique, aux dérèglements climatiques !

La tangente que prend le gouvernement québécois dans ce dossier est inquiétante. Alors, que le monde se tourne résolument vers de réelles technologies énergétiques vertes, comme l’éolien, le solaire ou la géothermie, le Québec se fige dans une gestion désuète de ces matières premières, hypothéquant gravement ce qui nous reste de nos forêts. Laissons la forêt se régénérer, la faune se remettre de toutes ces années d’exploitation effrénée et irresponsable, les sols se reconstituer après tant de perturbations et travaillons de concert avec la nature, plutôt que de spolier davantage ses chances de survie. Appelons le gouvernement québécois à protéger la biodiversité et le climat !

Pour obtenir davantage d’informations sur la situation de la biomasse forestière au Québec : http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/foret-boreale/dangers/biomasse

Consultez également le site de la Coalition Bois ; http://www.coalitionbois.org

Pour connaître les dangers qui pèsent sur la forêt Boréale canadienne ; http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/foret-boreale/dangers


M.
(Source : Nicolas Mainville, Brûler nos forêts pour faire de l’énergie ?, Réseau vert, Volume 17, numéro 13, Hiver 2009-2010, p.8)

vendredi 8 janvier 2010

Shell mettra fin aux activités de sa raffinerie de Montréal-Est


La fameuse raffinerie de la pétrolière Shell, installation mythique dans le paysage de Montréal-est, sera vraisemblablement transformée en un réservoir de carburants et d’essences, mettant ainsi un terme aux activités de raffinage. Selon Jean-Claude Rocheleau, président du syndicat des 500 employés de la raffinerie, cette décision équivaut à une « fermeture ».

«À compter de lundi, tous les projets connexes seront stoppés, a dit M. Rocheleau. Il y a beaucoup d'entrepreneurs qui vont perdre leur emploi. En plus des emplois directs, c'est 2500 emplois indirects qui seront supprimés. Tout ce qui était en route depuis un certain temps sera arrêté afin de transformer la raffinerie en terminal

Selon ce dernier, la situation du secteur pétrochimique au Québec est « précaire », sans compter la féroce compétition américaine pour la création de mégaraffineries qui gruge rapidement la part du marché québécois quant au raffinage des produits pétroliers.

Plusieurs économistes, environnementalistes, politiciens et autres spécialistes des questions énergétiques avaient prédit ce déclin du pétrole. Ce combustible fossile, en plus de contribuer largement aux changements climatiques et à la pollution atmosphérique, semble effectivement s’écouler à un rythme dépassant largement sa régénération. Les prix à la hausse du baril de pétrole, les gisements qui s’épuisent, les fermetures de raffineries, les primes à l’efficacité énergétique, le virage vert et forcé de l’industrie automobile, l’engouement pour les énergies renouvelables ainsi que l’insoutenable coût environnemental de cette industrie hautement polluante (situation décriée par un nombre toujours croissant d’acteurs sociaux) confirment la fin d’une époque.

Malheureusement, des centaines de travailleurs devront faire les frais de cet éventuel virage vers des technologies vertes, pris très tardivement en Amérique du Nord. Les entreprises et les industries axées sur le développement effréné des ressources naturelles (pétrolières, gazières, minières, forestières, etc), d’ores et déjà fort amenuisées, devront impérativement revoir leurs pratiques afin de proposer à leurs travailleurs des alternatives écologiquement et socialement viables à des emplois encore trop basés sur une économie à courte vue.

À trop vouloir protéger ses secteurs primaires, le Québec a-t-il tout misé à tord ? L’exploitation des ressources naturelles n’est-elle pas une solution simpliste à l’essor économique d’un pays ? Peut-être devrions-nous désormais miser davantage sur les ressources humaines, la création de services et d’expertises variées, issues d’une économie basée sur la créativité, l’ingénuité et l’inépuisable matière grise, plutôt que sur l’exploitation insatiable de ressources épuisables et fort peu rentables à long terme ?

Libérons-nous de nos ornières, innovons et devenons les leaders canadiens de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables et réellement vertes. Le Québec a les moyens de ses ambitions. Ne manquons pas le virage planétaire.


Pour connaître tous les détails de cette fermeture ;

Julien Arsenault, Shell va fermer sa raffinerie de Montréal-Est, La Presse canadienne, 7 janvier 2010 ; http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/energie-et-ressources/201001/07/01-937020-shell-va-fermer-sa-raffinerie-de-montreal-est.php


Lire impérativement ;

Thomas Duchaine et Hugo Séguin, Pour un Québec libéré du pétrole d’ici 2030, Équiterre, 25 septembre 2009 ; http://www.equiterre.org/docs/Document_petroleoct13.pdf


Normand Mousseau, Au bout du pétrole, Éditions Multimondes, http://blogue.sciencepresse.qc.ca/physique/item/544


M.

vendredi 4 décembre 2009

Noël vert à la Biosphère !

À l'occasion de la période des Fêtes, la Biosphère vous invite à vivre l'expérience d'une fête plus verte en s'inspirant des activités de la 4e édition de l'événement Noël vert, lequel se tiendra du 4 décembre 2009 au 3 janvier 2010.

Ne manquez surtout pas la 4ième Édition du Salon des artistes-récupérateurs !!!

Présenté du 4 au 6 décembre, la 4e édition du Salon des artistes-récupérateurs réunira 52 exposants québécois animés par une même démarche artistique et environnementale : créer des objets, accessoires, bijoux et vêtements à partir de matériaux récupérés. Il s'agit d'une occasion unique pour trouver des cadeaux originaux et fabriqués au Québec à partir de matériaux récupérés!

L'entrée à la Biosphère sera gratuite pour l'occasion.
Heures d'ouverture du Salon :
- vendredi 4 décembre : 16 h à 21 h
- samedi 5 décembre : 10 h à 18 h
- dimanche 6 décembre : 10 h à 18 h.

Pour obtenir plus d'informations sur le Noël vert à la Biosphère de Montréal : http://www.biosphere.ec.gc.ca/Accueil-WS3C2E8507-1_Fr.htm


M.

Le point sur les sacs réutilisables !

Plusieurs concepts issus du développement durable ont parfois été mal vulgarisés auprès de la population. C'est le cas notamment, du concept des 3RV ; plusieurs personnes omettent l'étape cruciale de la réduction, préférant remplir à craquer leur bac de recyclage. Normal, puisque l'emphase, il y a quelques années, portait plutôt sur le recyclage, solution à tous les maux. Or, désormais, les citoyens comprennent davantage l'enjeu de la gestion des déchets et comprennent que le recyclage doit impérativement être précédé de la réduction à la source, afin de diminuer la consommation de ressources pour la production de biens.

Le problème se répète, cette fois-ci avec les sacs réutilisables. La plupart des consommateurs ont plusieurs sacs à la maison, voire quelques dizaines. Pourtant, ces sacs, souvent conçus à l'étranger et non recyclables, sont parfois loin d'être écologiques.

Encore une fois, la vigilance est de mise.

Faites donc le point sur les sacs réutilisables, grâce à la chronique d'Ariane Paré-Legal (La vie en vert), à l'émission L'après-midi porte conseil ; http://www.radio-canada.ca/emissions/lapres-midi_porte_conseil/2009-2010/chronique.asp?idChronique=97813



M.

mardi 1 décembre 2009

L'actualité environnementale en vrac !

Les canadiens considèrent le réchauffement climatique comme une crise « déterminante » pour l’humanité

Dans un débat organisé par Munk Debates à Toronto, les canadiens devaient se prononcer en faveur ou en défaveur avec l’affirmation suivante : «Les changements climatiques constituent une crise déterminante pour l'humanité».

La majorité des participants (près du deux tiers) ont ainsi répondu par l’affirmative, assurant que les changements climatiques sont une crise déterminante pour l’humanité.
C’est toutefois chez les Québécois et les habitants des provinces atlantiques que l’affirmation trouve l’écho le plus fort ; des proportions respectives de 76% et 71%. Faut-il préciser que les Albertains sont les moins enclins à croire que les changements climatiques sont un enjeu majeur pour l’humanité … à peine 47% des Albertains y croit !
Source : Agence France-Presse, Climat: une crise «déterminante» pour les Canadiens, La Presse, 30 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/30/01-926478-climat-une-crise-determinante-pour-les-canadiens.php


Le Québec et sa gestion des mines ; une république de bananes ???

Une véritable ruée vers les minerais québécois est en cours depuis quelques années, concentrée dans les territoires du Nord du Québec. Or, l’encadrement de cette industrie est défaillante, dénoncée par plusieurs intervenants ; politiciens, autorités municipales, citoyens, écologistes, etc. Non seulement les ressources naturelles sont-elles dilapidées, mais en plus, les retombées économiques sont plus maigres que prévues… C’est du moins ce que dévoile le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, propos rapportés dans un article de Sophie Cousineau (La Presse). Ainsi, ce dernier affirme être incapable de dire si les droits miniers perçus par l’état québécois compensent pour la dilapidation et l’épuisement des ressources naturelles….

De plus, ces entreprises sont favorisées par de généreuses mesures fiscales… mais paient des droits miniers… moins élevés que les avantages fiscaux !! Le Québec se serait ainsi privé de près de 137 millions de dollars de revenus en 2008, alors que les droits miniers s’élevaient à 94 millions de dollars…

Une république de bananes, dites-vous ?

Un article à lire pour en apprendre davantage sur l’industrie minière québécoise !

Source : Sophie Cousineau, Le Québec a la mine basse, La Presse, 24 novembre 2009 ; http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/sophie-cousineau/200911/24/01-924467-le-quebec-a-la-mine-basse.php

Une étude d’Écojustice et Pour que le Québec ait meilleure mine ; http://www.ecojustice.ca/media-centre/press-releases/un-grand-coup-de-balai

Un blog portant sur Malartic, aux prises avec un débat houleux sur la présence de mines sur le territoire de la municipalité ; http://malartic.blogspot.com/2009_11_01_archive.html

Les changements climatiques et ses bombes à retardement

Alors que plusieurs citoyens du monde entier réagissent au Climategate par une montée du scepticisme face au réchauffement climatique, les preuves d’une hausse des températures s’accumulent ; fonte accélérée des glaces, terrestres et marines, dégel du pergélisol des territoires nordiques, perte de productivité des forêts et des océans (capacité réduite à capter de CO2 atmosphérique). Ces événements sont de véritables bombes climatiques à retardement. En effet, selon divers scientifiques, ces évènements pourraient bien contribuer à accélérer les dérèglements climatiques.

Désormais, la concentration de CO2 dans l’atmosphère vacille autour de 385 ppm (parties par million), mais tend à augmenter constamment. Ainsi, à la lueur des affirmations de ces chercheurs, il apparaît que la concentration de CO2 dans l’atmosphère stabiliserait au même niveau durant des siècles, malgré un arrêt complet des émissions anthropiques. Autrement dit, ces bombes climatiques, citées plus haut, jouent contre nous.

«Le système a une inertie relativement importante», souligne le climatologue Hervé Le Treut.

Ainsi, plusieurs décennies devront s’écouler avant de parvenir à stopper complètement l’emballement climatique et de contraindre la hausse des mers, selon M. Treut.

Source : Boris Cambreleng, «Bombe climatique»: les risques se multiplient», Agence France-Presse, 29 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-federales-2009/enjeux/environnement/200911/29/01-926155-bombe-climatique-les-risques-se-multiplient.php


M.

vendredi 27 novembre 2009

Journée sans achat : saurez-vous résister à la tentation ?

La Journée sans achat est une action symbolique visant à souligner la surconsommation ou la consommation irresponsable qui a cours, chaque seconde, sur la planète ! Les impacts sociaux, environnementaux et politiques de cette marchandisation de biens non durables et inéquitables ne sont plus à faire.

Pour contrer cette tendance, plusieurs entreprises québécoises ont déjà entrepris un virage vert, durable ou équitable, mais demeurent trop souvent dans l'ombre de leurs compétitrices cupides ; Wal-Mart, Zellers et compagnie. En cette Journée sans achat, il importe de se questionner sur nos habitudes de consommation, afin d'en réduire l'impact sur les communautés touchées par nos achats et l'impact écologique de la circulation et la production de biens à travers le globe. Réchauffement climatique, déforestation, sécheresse, pollution industrielle, enfants travailleurs, exploitation humaine dans les usines, non-respect des droits humains.... la liste est longue pour illustrer les conséquences du mode de vie des nord-américains.

Tous les citoyens du monde sont donc invités à ranger leur portefeuille aujourd'hui, vendredi 27 novembre, afin de ne pas prendre part à la roue effrénée de la consommation et réfléchir au véritable prix de nos biens...

Saurez-vous résister à la tentation ?? En pleine course du temps des fêtes ?

Si la consommation responsable vous tient à coeur, voici une liste de commerces équitables ;
Et si l'environnement vous interpelle et que vous désirez réduire votre empreinte écologique, consultez ce site internet, fabuleux ;
Bref historique de la Journée sans achat

La Journée sans achat est organisée depuis plus de 15 ans à travers le monde. Inaugurée pour une première fois par un canadien, l'artiste et publiciste Ted Dave, elle demeure néanmoins méconnue du public, surtout au Québec, ou les médias semblent se désintéresser totalement de la cause... Enfin. Désormais, des activistes d'Adbusters, en Colombie-Britannique tentent d'encourager et de promouvoir cette activité morale à travers le monde ; États-Unis, France, Grande-Bretagne, Canada, Philippines, etc. La mobilisation est toutefois faible.

Pour lire davantage sur la Journée sans achat :

Bonne chance !

M.

jeudi 19 novembre 2009

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal ; des conférences pour concevoir la ville autrement

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal est un lieu d’échange et d’expertise concernant les principes et les nouvelles approches pour concevoir les villes d’une manière écologique et durable, pratique et conviviale, agréable et novatrice. L’objectif de cet organisme vise d’abord et avant tout la participation citoyenne et les projets à échelle humaine, alliant démocratie et créativité. Plusieurs projets ont ainsi été mis en branle dans cet optique global de revoir la ville, d’un œil neuf et inspiré ; cours écologiques, toits verts, participation à des initiatives citoyennes, sensibilisation, implication dans d’autres projets de reverdissement des quartiers montréalais, etc.

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal tente ainsi constamment d’ébranler la conception préconçue que les urbains, et tous les autres citoyens, ont de la vie dans une métropole. Afin de faire évoluer les mentalités, l’organisme met sur pied plusieurs conférences portant sur l’urbanisme et la qualité de vie en ville. D’ailleurs, plusieurs conférences sont annoncées pour la période hivernale ;

Pour plus d’informations concernant les activités, les projets ou la mission du Centre d’écologie urbaine de Montréal, visitez :

Autre initiative de reverdissement de la métropole montréalaise :

M.

mardi 17 novembre 2009

Enfin une bonne nouvelle : le Québec se dote d’une ambitieuse politique québécoise de gestion des matières résiduelles !


Le Québec entend enfin revoir la gestion caduque de ses déchets, en tentant désormais d’améliorer réellement les performances décevantes de la province en matière de recyclage et de compostage, afin de tourner définitivement la page sur la réputation du Québec de trôner partie les plus grands producteurs de déchets au monde.

Grâce à la nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles, le Québec se muni d’outils acérés pour interdire complètement l’enfouissement du carton d’ici 2013 et des matières putrescibles d’ici 2020. Le gouvernement Charest désire donc porter son attention davantage sur la quantité de déchets destinés à l’enfouissement, plutôt que de faire dévier l’intérêt sur le recyclage sans revoir la réduction du gaspillage à la source. Pour ce faire, il se fixe des «objectifs quantitatifs intermédiaires» pour 2015 : recycler 70% du papier, du carton, du plastique, du verre et du métal résiduels; traiter 60% de la matière organique putrescible; recycler ou valoriser 70% des résidus de construction et de rénovation.

«Le tout premier objectif de la politique est de ramener la quantité de matières résiduelles éliminées à 700kg, soit le plus faible taux du Québec depuis 1998, a précisé la ministre. Il s'agit certainement d'un objectif ambitieux, car cela signifie une réduction de 110kg par habitant en cinq ans, soit tout près de 14%», affirmait Line Beauchamp, ministre de l’environnement, lors du dévoilement de sa politique.

Ainsi, le Québec souhaite passer de la parole aux actes en se dotant d’un projet de loi et de cinq règlements, en imputant notamment la responsabilité élargie aux fabricants de produits électroniques, la prise en charge financière de la collecte sélective aux entreprises et en encourageant la mise en place de bacs bruns pour la collecte des déchets de table.

En effet, les fabricants de produits électroniques, de piles et d’ampoules seront dans l’obligation de créer des points de chute pour les vieux appareils d’ici deux ans. Cette mesure, très attendue, est d’autant plus pertinente qu’un seul écran cathodique détient jusqu'à 3,6 kg de plomb, métaux lourd toxique actuellement détourné vers l’enfouissement. De plus, la ministre Beauchamp précise que la responsabilité élargie, déjà imposée entre autre à l’industrie de la peinture, a permis de recycler près de 90 % de la peinture usée.

Ensuite, les municipalités, encouragées par des mesures financières provenant de Québec, devront instaurer des services de collecte de déchets de table et autre matière organique (herbe, branchage, feuilles, etc.) dans le but de réduire à néant l’enfouissement des matières putrescibles. Des usines de compostage et de biométhanisation, soit la fermentation de la matière organique sans oxygène, devront également s’inscrire dans le processus global de compostage municipal. D’ailleurs, à ce sujet, six usines sont d’ores et déjà en cours de réalisation dans la seule région métropolitaine. Le financement de ces mesures proviendra de la création d’un programme financier de 650 millions de dollars, étalé sur 5 ans. La moitié de cette somme sera puisée à même les coffres étatiques, tandis que l’autre moitié sera issue des redevances sur les hydrocarbures et les matières résiduelles.

Le gouvernement Charest prévoit également porter le coût de l’enfouissement à 20,17$/tonne, soit près du double de la somme actuelle de 10,67$/tonne. Cette redevance sur l’enfouissement devrait être remboursée aux municipalités, en fonction de leur performance. Ce point, toutefois, doit être précisé. En plus de revoir les frais d’enfouissement, Québec s’attaquera au suremballage des produits de consommation ; les entreprises devront maintenant défrayer l’entièreté des coûts de la collecte sélective ! Finalement, les centre de tri et de récupération, ainsi que les ressourceries se verront octroyer des sommes supplémentaires.

La plupart des intervenants touchés (Communauté métropolitaine de Montréal, Union des municipalités du Québec, Cascades, Fédération québécoise des municipalités) sont généralement satisfaits par les mesures comprises dans la nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles. Il faut toutefois mentionner que le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec ont salué l’initiative de la responsabilité élargie des producteurs, mais souligne le manque de mordant des mesures visant la réduction à la source.

Après deux politiques antérieures infructueuses, voilà une nouvelle politique de gestion des matières résiduelles qui suscite l’espoir ! L’application des mesures saura nous renseigner sur la volonté réelle du gouvernement à réduire l’accumulation des déchets recyclables, compostage et réutilisables dans les sites d’enfouissement, mais le ton, cette fois-ci, est encourageant !


À lire également :

François Cardinal, Les fabricants d'ordinateurs seront mis au pas, La Presse, 17 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/17/01-922326-les-fabricants-dordinateurs-seront-mis-au-pas.php)

François Cardinal, Des réactions positives à la nouvelle politique verte de Québec, La Presse, 17 novembre 2009 ;
http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/17/01-922329-des-reactions-positives-a-la-nouvelle-politique-verte-de-quebec.php

M.

(Source : François Cardinal, Québec interdira l'enfouissement du papier, puis des déchets de table, La Presse, 16 novembre 2009 ; http://www.cyberpresse.ca/environnement/200911/16/01-922108-quebec-interdira-lenfouissement-du-papier-puis-des-dechets-de-table.php)

samedi 14 novembre 2009

Je prends la vie en vert ; un guide écoresponsable indispensable pour reverdir votre quotidien !!!


Je prends la vie en vert est un nouveau guide écoresponsable, issu du contenu condensé des trois saisons de l'émission La vie en vert, diffusée à l'antenne de Télé-Québec. Pour les profanes, sachez que La vie en vert traite de tous les aspects possibles concernant la consommation et l'écologie ainsi qu'une foule de trucs et/ou conseils pour diminuer notre impact sur l'environnement. La réputation de cette émission n'est plus à faire ; le contenu est étoffé, original, pertinent, toujours instructif… et jamais moralisateur !

Le guide Je prends la vie en vert met donc en lumière les éco-habitudes à adopter pour reverdir notre quotidien, dans toutes les sphères de notre existence ; habitation, consommation de produits, transport, bureau, fêtes et anniversaires, jardinage, etc. Vous y découvrirez des conseils pratiques, simples et efficaces permettant de diminuer votre empreinte écologique et améliorer l'efficacité énergétique de votre résidence. En plus de devenir un citoyen davantage conscient de l'impact de sa consommation sur la planète et la biosphère, vous connaîtrez des astuces pour réduire toutes vos factures, pourvoir à l’économie locale, en plus de protéger votre santé ! Au menu, donc, toutes les réponses à vos interrogations de consommateur responsable.


Quelques exemples :


  • Quel contenant de lait choisir ? Verre, sacs de plastiques, contenant de carton, cruche de plastique ??? Réponse ; sacs de plastiques ; légers et recyclables lorsque rincés !

  • Sapin naturel ou artificiel ? Réponse ; naturel, mais issu d’une plantation !

  • Qu’est-ce que le cocamide DEA ? Réponse ; un agent émulsifiant et moussant, potentiellement cancérigène, retrouvé dans plusieurs cosmétiques industriels !

  • Les Québécois consomment journellement quelle quantité d'eau ? Réponse ; 350 litres d’eau, soit une consommation nettement supérieure à celle des européens, évaluée à 150 litres d’eau ! Quoi faire ?? ; à lire dans Je prends la vie en vert !

Je prends la vie en vert est définitivement un guide intègre, complet, le meilleur guide en son genre ! Certainement un des plus pertinents, offert à un coût abordable ; 29.95 $ !

N’hésitez pas ! 29,95 $ pour changer le monde, ce n'est rien !


Je prends la vie en vert ; 45 projets à la portée de tous pour améliorer la qualité de notre environnement, Éditions La Presse, 29.95 $


Visionner les épisodes de La vie en vert ; http://vieenvert.telequebec.tv/

M.